Le papier suédois perd son identité

Sans vouloir froisser l’industrie suédoise du papier, disons que la façon dont elle gère la crise qu’elle traverse est à torcher !

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Pendant des années elle a su que le déclin de la presse écrite était inéluctable. Et qu’a-t-elle fait pour imaginer une sortie de ce secteur en se diversifiant et en en privilégiant d’autres ? En filigrane, rien… ou presque. Les actionnaires ont réalisé leur dividende et les ouvriers papetiers qui avaient largement mis la main à la pâte toutes ces années se sont retrouvés au final au chômage à faire des cocottes en papier. Classique, tournez la page !

Certes tous les secteurs ne sont pas touchés, l’emballage, le conditionnement, l’hygiène et la santé s’en tirent plutôt bien, c’est le papier journal et le papier d’impression-écriture qui plombent les comptes des papetiers. Ainsi le groupe finno-suédois Stora Enso a annoncé un plan de restructuration musclé, 2 500 emplois sont concernés : 750 en Suède, 650 en Finlande, 850 dans le reste de l’Europe et 250 ailleurs dans le monde. Ce papetier n’est pas le seul à dégraisser. Holmen s’est séparé de 180 collaborateurs, SCA d’une centaine en 2012-2013 dont des gratte-papier, chez Billerud-Korsnäs, récemment fusionné, une cinquantaine d’emplois devraient disparaître, tout comme chez Södra… et la liste n’est pas exhaustive.

Raisons avancées par le secteur : chute marquée des bénéfices, demande à la baisse du papier journal, ralentissement des exportations en Europe dû à la crise économique et financière, et insolente santé de la couronne suédoise.

Il y a quelques années, les papetiers s’inquiétaient d’un manque éventuel à terme de matière première, de bois, aujourd’hui, ils en constatent un surplus dont ils ne savent que faire. À qui la faute ? Selon les spécialistes du secteur, il faut entre cinq et dix ans pour calandrer un produit qui remplacera les volumes du papier journal. Il pourra s’agir de carburant renouvelable mais il faudra pour se faire que les différents acteurs de l’industrie forestière travaillent beaucoup plus étroitement. Ce qui est loin d’être plié !