Inquiétude au sujet des travailleurs du bâtiment sans papiers

L’industrie du bâtiment estime qu’il y a entre 20 et 30 000 ouvriers étrangers travaillant en Finlande dont une grande partie dans le Grand Helsinki. La plupart d’entre eux viennent d’Estonie et de Pologne mais par exemple, parmi les constructeurs du nouveau réacteur de la centrale nucléaire d’Olkiluoto, on compte 60 nationalités différentes.

En même temps, le chômage chez les ouvriers finlandais du bâtiment est monté à hauteur de 25 %, ce qui correspond à 20 000 travailleurs sans emploi.

Le Vice-président du Syndicat du bâtiment, Kyösti Suokas, estime que des dizaines de milliers de travailleurs étrangers ne payent pas l’impôt sur le revenu. Pour le syndicat, l’utilisation des travailleurs sans-papiers et le problème qui en découle sont bien connus mais personne ne fait quelque chose contre cela.

« Si tous les travailleurs étrangers étaient ici légalement, si ils étaient payés conformément à un contrat de travail, si ils s’acquittaient de leurs impôts et si leurs employeurs payaient les frais de protection sociale, il n’y en aurait pas autant » ajoute-t-il.

Depuis 2008, le fisc a dirigé des inspections sur les chantiers, découvrant 30 millions d’euros de charges patronales impayées, 23,5 millions d’euros d’arriérés de TVA et 81 millions d’euros de salaires payés sans la déduction de l’impôt sur le revenu.
La libre circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne signifie que les citoyens des pays membres n’ont pas besoin d’un permis de travail pour exercer en Finlande. Les travailleurs doivent être enregistrés mais la mise en application n’est pas forcée. De plus, les entreprises enregistrées à l’étranger ne sont pas obligées de payer elles-mêmes les impôts de leur salariés, ce qui signifie que le paiement de l’impôt sur le revenu est à l’initiative du salarié ou de l’entreprise. Suokas critique en fait la légèreté de la mise en application des mesures.

« Le fisc et les compagnies d’assurance contrôlent juste les papiers, mais quand il n’y a pas de papiers, il n’y a rien à contrôler » dit-il.

Le Syndicat du bâtiment voudrait donner à chaque travailleur une carte d’identification avec une puce qui contiendrait entre autres un compte-rendu d’imposition. Ce système est déjà appliqué en Autriche par exemple. « Nous avons un système d’imposition complètement stupide. Il n’y a en tout cas aucune surveillance » argue Suokas.

Le gouvernement travaille actuellement sur une législation qui allègerait les règles du travail pour les immigrants ne venant pas de l’Union européenne.

D’après Suokas, si la réforme était appliquée, cela signifierait qu’une entreprise serait en mesure de faire venir de la main d’œuvre, de Chine ou du Vietnam, pour 5 années par exemple, sans une évaluation officielle de l’application du permis de travail. Le Syndicat du bâtiment a peur que la réforme donne naissance à une forme de « marché aux esclaves » en Finlande.

« Déjà maintenant, la police enquête sur des cas où des personnes venant de différentes dictatures ont été obligées de travailler plusieurs semaines pour des salaires de quelques centaines d’euros » ajoute Suokas.

Suokas connait la situation d’un travailleur vietnamien, qui ne parlait pas finnois et était payé la totalité de son salaire directement sur son compte bancaire. Son employeur avait le droit d’utiliser le compte. A chaque jour de paie, il y récupérait une grosse partie de l’argent !

Une réflexion au sujet de “Inquiétude au sujet des travailleurs du bâtiment sans papiers

  1. Fred

    Des travailleurs du bâtiment SDF… je rigole… Qu’ils nous donnent l’adresse. On va aller squatter les apparts et les immeubles qu’ils construisent !!