Bysykkel, les vélos bleus sont de retour

080626-bysykkel-l250La neige a enfin fait place à un grand soleil, et le retour des emblématiques vélos bleus et blancs, les Bysykkel, marque le début de la belle saison.

Lancée en 1999, Bysykkel est une initiative de la ville d’Oslo en partenariat avec l’agence de communication Clear Channel. Cette dernière finance l’achat et l’entretien des vélos par la publicité. Du 1er avril à la mi-novembre, 1 200 vélos urbains sont à la disposition des habitants d’Oslo, moyennant l’achat d’une carte magnétique dont le montant est fixé à 80 couronnes. La vente de cette carte se fait exclusivement sur Internet, à l’adresse www.oslobysykkel.no. La carte est également disponible aux touristes auprès de l’Office du Tourisme (80 couronnes par jour), près de la gare centrale et près de l’Hôtel de Ville.

Les vélos urbains ont très rapidement été adoptés par les habitants de la ville, et leur succès se confirme tous les ans. Malgré la demande croissante d’obtenir de nouvelles stations et de nouveaux vélos, la municipalité est dans l’incapacité de mettre en circulation les 1800 nouveaux vélos promis par l’ancien maire, Erling Lae. En effet, un conflit concernant la durée du contrat entre les autorités d’Oslo et la compagnie Clear Channel met des bâtons dans les roues du développement du parc cyclable de la ville.

Tom, 22 ans, étudiant à l’Université d’Oslo

Jeanne, 35 ans, professeure de piano

Jean-Pierre, 44 ans, responsable commercial

Fransk i Oslo : Pourquoi avez-vous choisi de vous déplacer avec les bysykkel ?

Tom : Depuis que j’ai emménagé à Oslo, il y a trois ans, j’emprunte les vélos de la ville comme tout autre moyen de transport en commun. Se déplacer en vélo est plus rapide, notamment sur les courts trajets, que le métro ou le tram : pas de temps d’attente, pas de routes imposées, pas de retard, … au final, c’est un moyen de transport beaucoup plus pratique. Encore un détail pratique : avoir son propre vélo coûte cher : il faut l’entretenir. Or, là, pour 80 couronnes par an, je dispose d’un vélo, en bon état, sans n’avoir rien à faire !

Jeanne : Mes motivations premières sont d’ordre de santé et d’environnement. Les bysykkel me permettent de mêler l’utile à l’agréable : je fais du sport, tout en respectant l’environnement, et en profitant à chaque sortie d’une agréable ballade, parce qu’il faut dire qu’ici l’air est sain, pas comme à Paris. A Paris, je n’ai jamais utilisé les vélos : à quoi bon ? Se faire écraser et tomber malade ?

Jean-Pierre : J’habite dans le centre d’Oslo : c’est plat, il y a une bonne signalisation et peu de voiture. En un mot, le vélo à Oslo c’est agréable. Et puis je suis du genre spontané et quand l’envie me prend d’aller me promener je n’ai qu’à me rendre à la station de vélos la plus proche, et je m’en vais à Bygdøy ou ailleurs. D’autre part, je ne vais sans doute pas rester longtemps dans la ville, je risque de déménager rapidement, alors même si j’adore le vélo, je ne souhaitais pas en acheter un. Bysykkel c’était la solution parfaite.

Fransk i Oslo : pensez-vous que Oslo soit adapté à la circulation en vélo ?

Tom : Non, les routes ne sont pas adaptées aux vélos. Essayez un peu de rouler sur les rails du tramway ! En fait, le problème est qu’il y a très peu de pistes cyclables en ville. Les cyclistes sont donc obligés ou de rouler sur les trottoirs, et de mettre en danger les piétons, ou bien de rouler avec les voitures et les trams, et de se mettre eux-mêmes en danger.

Jeanne : Même si Oslo n’a rien à voir avec une capitale comme Paris au niveau circulation, les routes méritent d’être améliorées. J’aimerais pouvoir me sentir en sécurité totale à Oslo, en vélo. J’ai notamment très peur des tramways qui ne nous voient pas toujours, et des taxis qui ont une tendance à ne pas s’arrêter lorsqu’il le faudrait.

Jean-Pierre : Oui, les conditions de circulation sont bonnes, en tout cas si l’on compare Oslo aux autres grandes capitales où, là, emprunter le vélo est à vos risques et périls.

Fransk i Oslo : êtes-vous satisfait de l’offre de vélos actuelle ?

Tom : Oui, je suis satisfait, quand bien même il serait de plus en plus nécessaire d’augmenter le nombre de vélos. Je vais, normalement, toujours en vélo au travail, mais il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas trouver de vélo disponible. Je trouve également dommage que la majorité des stations soit concentrée dans le centre, à Bislett, ou à Grünerløkka. Ce serait tellement pratique d’avoir des vélos au-delà de Ring 2 ou de Ring 3 ! Et je ne sais pas dans quelle mesure c’est possible, mais j’aimerais aussi pourvoir me déplacer en vélo en hiver !

Jeanne : C’est dommage qu’il y ait si peu de vélos, j’ai l’impression que c’est de plus en plus difficile d’en trouver un disponible. Ça m’est déjà arrivé de devoir guetter à une station de vélos que quelqu’un rapporte le sien ! A mon avis, on pourrait élargir la distribution des vélos à Ullevål, au-delà de Ring 2. Et puis, je vais peut-être un peu loin, mais qu’en est-il des vélos pour les plus jeunes ?

Jean-Pierre : La mairie devrait investir dans quelques vélos supplémentaires car de plus en plus d’habitants les utilisent, surtout lorsqu’il fait beau comme ces derniers jours. C’est aussi très pratique de pouvoir suivre en tant réel, sur Internet, s’il y a des vélos disponibles près de l’endroit où vous vous trouvez.

Photo : Thierry Guénin