Finistère: On l’appelle aussi la West Web Valley !

Si la ville de Brest, chef lieu du département du Finistère, à l’extrême pointe occidentale de l’Europe, se révèle être classée parmi les plus prestigieux centres internationaux dans le domaine de la recherche en environnement marin au côté de San Diego (États-Unis), de l’agence des sciences et technologies de la Mer à Tokyo (Japon), de Shanghai (Chine), de Hobart (Tasmanie), elle abrite également, sur plus de 100 hectares, tout le long de son littoral dominant sa superbe rade, un vrai pôle d’excellence, le technopôle de Brest-Iroise , à 15 mn de l’aéroport , à 10 mn de la gare et du port de commerce.

Finistère_brest_technopoleL’objectif premier du Technopôle Brest-Iroise est de favoriser l’innovation et la création d’emplois, en concentrant sur un même site des écoles d’ingénieurs, des centres de recherche et des entreprises de haute technologie. C’est cette volonté de développer le bassin d’emploi autour de thématiques telles que la mer, les sciences du vivant et les nouvelles technologies de l’information et de la communication, qui a présidé chez les acteurs locaux à l’origine du projet.

Plus de 6000 personnes y travaillent dont 900 enseignants-chercheurs et 700 personnels administratifs qui participent à la formation de 2000 étudiants issus de plus 50 pays différents, faisant de ce site un lieu exceptionnel d’échanges de cultures. Le Technopôle Brest-Iroise est en permanente extension et bénéficie des soutiens constants de l’Europe, de l’État, de la Région, du Département et de Brest Métropole Océane.

Près d’une centaine d’entreprises y sont installées : de grands groupes comme Thalès, des entreprises de renommée internationale comme Cabasse, le leader de matériel hifi haut de gamme, des dizaines de PME-PMI mais aussi des pépinières d’entreprises accueillant de nombreuses jeunes sociétés en cours de création, ou au début de leur activité.

Et parmi elles des « start-up » liées aux sciences du vivant et des nouvelles bio et medico-technologies. Dans notre précédent reportage nous avons vu deux sociétés de biotechnologies marines dans le domaine de la santé, Hemarina et ManRos Therapeutics ; dans ce deuxième volet nous découvrirons deux jeunes entreprises issues du technopole, spécialisées dans la chirurgie assistée l’une de l’épaule Imascap, l’autre du genou Ostesys.

Imascap : une entreprise brestoise, un marché mondial dans la chirurgie de l’épaule assistée par ordinateur
Avec une imprimante 3D et les logiciels de la société Imascap, les chirurgiens bénéficieront de ce "guide en plastique " pour poser une prothèse de l'épaule à l'emplacement idéal et ne pas devoir recommencer l'opération quelques mois plus tard.

Avec une imprimante 3D et les logiciels de sa société Imascap, Jean Chaoui met au service des chirurgiens un « guide en plastique  » pour poser une prothèse de l’épaule à l’emplacement idéal et ne pas devoir recommencer l’opération quelques mois plus tard.

Imascap développe un logiciel entièrement automatique de planification préopératoire en 3D. Ce logiciel a également un rôle dans l’exécution de l’opération chirurgicale, puisqu’il permet de générer des guides sur-mesure imprimés en 3D et permettant de guider la position et l’orientation de la prothèse pour chaque patient. La technologie que propose Imascap permet d’optimiser les gestes chirurgicaux afin de les rendre plus précis et plus efficaces et diminuer le taux d’échec estimé actuellement à près de 20%. .
« Les affections de l’épaule.intéressent plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde et auront tendance à augmenter compte tenu du vieillissement de la population. Elles sont la première cause d’incapacité physique permanente. L’arthroplastie (la prothèse NDLR) totale de l’épaule est une chirurgie très compliquée, avec un accès difficile et un espace opératoire restreint. Actuellement les chirurgiens posent la broche un peu au pif … Avec notre technologie il suffit de livrer au logiciel les données d’imagerie recueillies par le scanner pour que celui-ci offre automatiquement une planification préopératoire, exacte, au millimètre près… », explique Jean Chaoui, PDG d’Imascap.

La société crée en 2009 emploie sept ingénieurs en France (développeurs et doctorants) et une équipe est en cours de création aux États-Unis. Imascap collabore étroitement avec des acteurs leaders en France, laboratoire (Latim/Télécom Bretagne), deux partenaires cliniques ( CHU Nice et Lyon) et l’industriel Tornier, leader mondial des prothèses d’épaule.

Déjà présente dans de nombreux pays européens, la solution entre en phase de tests dans plusieurs centres hospitaliers internationaux et réalise actuellement ses premiers cas cliniques en Australie et en Nouvelle-Zélande. En ce moment, en phase de tests auprès de chirurgiens américains, Imascap sera lancé sur le marché américain dès obtention du certificat FDA (Food and Drug Administration – agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) prévue pour cette rentrée 2014 (avec Lexians, la lettre d’information de Télécom Bretagne)

Diplômé d’un doctorat en chirurgie assistée par ordinateur en 2011 à Télécom Bretagne, Jean Chaoui, PDG et fondateur d’Imascap a reçu en juin dernier le prix « TR35 » du MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui récompense les 10 français développant actuellement les projets d’innovation les plus exceptionnels. Le « TR35 » est un concours conduit par la Technology Review de l’Institut américain MIT a distingué ces dix dernières années des personnalités différentes comme Mark Zuckerberg en 2007 ; Serguei Brin, cofondateur de Google, Max Levchin, de Paypal, Linus Torvalds, développeur de Linux, Jack Dorsey, cofondateur de Twitter… « Ce prix est avant tout une reconnaissance des pairs et une très belle ouverture à un réseau d’experts reconnus internationalement » déclarait Chaoui. Dans ce cercle, le jeune chef d’entreprise français sera bien « épaulé » !

Ostesys innove dans le traitement de la chirurgie du genou !
Ostesys modélise en 3D les mouvements des os du genou afin d'aider à leur bon alignement lors de l'intervention

Ostesys modélise en 3D les mouvements des os du genou afin d’aider à leur bon alignement lors d’une intervention

Sur le même site à Brest-Iroise, la jeune entreprise Ostesys a développé une solution de chirurgie assistée pour l’opération du genou, qui a pour but d’aider les chirurgiens lors d’une intervention chirurgicale qui vise à soigner l’arthrose du genou, à retarder la pose d’une prothèse, et peut-être plus à faire baisser le pourcentage d’imprécision lors de l’acte afin d’éviter de le recommencer quelques mois plus tard.

Les genoux font partie des articulations les plus sollicitées au quotidien, devant notamment supporter le poids du corps. Elles sont ainsi fréquemment touchées par l’arthrose qui est favorisée par l’âge, des anomalies structurelles ou d’autres facteurs comme le surpoids. L’arthrose du genou est l’une des pathologies le plus communes et des plus invalidantes. Elle concerne 65% des personnes de plus de 65 ans et 80% de plus de 80 ans.

L’ostéotomie (la section NDLR) supérieure du tibia est une technique chirurgicale ancienne et reconnue en orthopédie qui permet de traiter l’arthrose du genou dans certaines indications bien précises. Peu invasive, peu coûteuse et préservant l’articulation, cette procédure est peu cependant pratiquée car actuellement extrêmement difficile à réaliser. Pour pallier ces difficultés cliniques, Ostesys conçoit et fabrique des dispositifs médicaux intelligents intégrant technologies de chirurgie augmentée, instrumentions chirurgicales innovantes et implants mini-invasifs. Le chirurgien possède alors une solution globale pour rendre ce geste chirurgical plus sûr et plus précis.
« C’est un peu comme un GPS de navigation pour le chirurgien lors d’une intervention qui vise à soigner l’arthrose du genou et à retarder la pose d’une prothèse. Composé d’un logiciel d’assistance par ordinateur, d’outils chirurgicaux et d’un implant, la solution permettra aux médecins d’opérer avec plus de précision. Le programme a été créé par l’entreprise, qui s’est doté d’un expert en mécanique pour concevoir le matériel médical » explique Pierre-Yves Huet le président et directeur technique d’Ostesys qui avoue être lui-même cet ingénieur en mécanique qui manquait peut-être aux experts médicaux et informaticiens…

Validé fin 2013 par la BPI France (Banque Publique d’Investissement), le système est désormais en phase d’industrialisation et intéresse les chirurgiens français et étrangers, désireux de découvrir des techniques d’opération moins invasives. Un lancement commercial est prévu à l’été 2015 en Europe et 2016 aux USA.

Le partage de toutes ces informations médicales nécessitent de maîtriser la sécurité des données et de leurs traitements. Dans le troisème volet de ce reportage nous irons voir la société Medecom qui développe une solution pour garantir l’authenticité et la confidentialité des radiologies numériques et puis nous irons au Cesim, le centre de simulation pour l’apprentisage et l’enseignement des sciences de la santé de Brest à l’occasion de sa prochaine journée de « Serious Games », sorte de jeux vidéos utilitaires et sociétaux, en décembre prochain.