Ouverture de l’année Bjørnstjerne Bjørnson

bjornsonCent ans que l’écrivain Bjørnstjerne Bjørnson est mort. Et si les norvégiens le tiennent toujours pour l’écrivain national, c’est qu’il a incarné, mieux que tout autre, le grand « réveil » des lettres de son pays, tout en jouant un rôle éminent dans la politique et dans l’histoire en appelant ses compatriotes à prendre conscience de leur identité nationale. Il demeure l’incarnation d’une Norvège enfin libre de toute tutelle. Le 24 avril 2010 marquera le début de l’année Bjørnson.

Considéré comme l’un des « Quatre Grands » écrivains norvégiens avec Henrik Ibsen, Jonas Lie et Alexander Kielland, Bjørnson est surtout connu pour ses pièces, qui traitent aussi bien des sujets historiques que d’enjeux de son époque. L’œuvre de Bjørnson comprend des écrits poétiques, des récits, romans et pièces de théâtre. L’homme de lettre a été couronné en 1903 par le Prix Nobel de Littérature “en signe de reconnaissance pour la noblesse et la magnificence d’une poésie aux multiples facettes, qui s’est toujours distinguée par la fraîcheur de son inspiration et la rare pureté de l’esprit qui l’habite.”

Très tôt, Bjørnson s’est inscrit au nombre de ceux qui ont œuvré à fonder un théâtre national norvégien et qui ont influencé la renaissance du norvégien comme langue littéraire. Après avoir débuté en tant que journaliste et critique de théâtre, il rencontre le succès en tant qu’auteur, dès 1857, avec un roman paysan, Synnøve Solbakken, dans lequel il exalte le petit peuple de son pays dans un style neuf, débarrassé de tout romantisme.

Avec Synnøve Solbakken et Arne (1859), Bjørnson a créé un nouveau style qui sera important dans le développement de la littérature norvégienne. Ce style particulier combine la tradition de la saga et la tradition orale des contes populaires norvégiens.

Bjørnson succède à Ibsen à la direction du théâtre de Bergen en 1859. Durant cette période, il rédige une série de poèmes qui sont, pour certains, considérés comme les plus beaux de la poésie norvégienne. Parmi ceux-ci figure, notamment, celui qui sera choisi comme hymne national « Ja vi elsker dette landet ».

Le poète s’engage peu à peu dans la vie politique, et avec cet engagement, son style évolue : du néo-romantisme, il passe à un réalisme social, à la Victor Hugo, qui le désigne un temps comme un agitateur social. La pièce théâtrale La banqueroute (1875) est la première œuvre de cette facture. Elle est louée pour son traitement habile et réaliste du monde des affaires, un sujet jusque-là considéré comme non adapté au théâtre. En parallèle de ses batailles politiques, l’écrivain milite sans relâche à l’adoption d’une langue nationale propre à la Norvège (bondemaal), et distincte du dansk-norsk, langue dans laquelle, jusque-là, la littérature norvégienne a été écrite. L’auteur meurt à Paris le 26 avril 1910 et et la Norvège lui rend hommage par des funérailles nationales.

La Bibliothèque nationale et le Théâtre national célèbrent Bjørnson
Samedi 24 avril, 19h – Nationaltheatret , Johanne Dybwads plass 1
Entrée : 250 NOK

Renseignements sur l’Année Bjørnson : www.nb.no/bjornson/bjoernson-aaret

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