Les Pyrénées-Orientales, entre mer et montagne, c’est aussi le sud de la France ! (2/3)

Ces 2 reportages vidéo (images et commentaires) sont signés TOPTRIP.TV/ Yves BARRAUD et c’est avec leur aimable autorisation que lefrancofil.com les édite).
Les Pyrénées-Orientales disposent d’une offre d’activités extraordinairement variées : Mer et hauts sommets montagnards, mais pas que ! À mi-chemin, l’arrière-pays mérite plus qu’un détour. Un VRAI séjour ! (Article tiré du commentaire de notre vidéo disponible ci-dessous).

L’Agence de développement touristique du département associée au Syndicat Canigou Grand Site souhaitent mettre en avant des attraits touristiques moins connus donc moins courus, à mi-chemin entre le littoral et les hauts sommets, autour du Pic du Canigou la montagne sacrée des Catalans.

Entamons notre périple dans l’arrière-pays par les Gorges de la Fou à proximité d’Amélie-les-Bains. Un itinéraire de 1,7 kilomètres nous promet une belle et rafraîchissante immersion. Pendant des centaines de milliers d’années, la Fou a creusé patiemment ces gorges qui, dit-on ici, seraient les plus étroites du monde : 80 centimètres par endroits. Pour vous y aventurer, vous devrez vous équiper d’un casque (fourni sur place évidemment) malgré les protections anti-chute de pierres qui protègent le parcours. Alors que la canicule sévit sur une majeure partie de la France en ce mois de juin 2017, la température ambiante y est de 15-16°C. Un pur bonheur pour le corps et pour les yeux, tant chaque méandre nous réserve son lot de surprises, de concrétions et de rochers suspendus au dessus de nos têtes.

Plus tard, nous sommes attendus à Prunet-et-Belpuig pour y vivre une expérience originale qui devrait séduire celles et ceux qui ne veulent pas passer leurs journées à crapahuter en plein cagnard : La rando-croquis. Comme son nom l’indique, il s’agit ici de randonner en s’accordant quelques heures de halte pour dessiner et peindre. Stéphane Forel, Accompagnateur en Montagne et artiste-peintre, prodigue ses conseils aux débutants tout en nous faisant partager sa passion du terroir, de ses paysages et de ses habitants.

Le lendemain, passage obligé du côté d’Ille-sur-Têt pour découvrir un paysage surprenant. Non, il ne s’agit pas d’une carrière d’extraction de marbre ou de granit mais bien de Cheminées de Fée improprement baptisées ici : Les Orgues d’Ille. Comme en Cappadoce en Turquie, les précipitations ont sculpté le piedmont au fil des siècles. Les roches solides ont protégé les plus friables, comme des chapeaux protecteurs.

Les curiosités naturelles ne constituent pas les seuls centres d’intérêt des balcons du Canigou parsemés de villages pittoresques et d’édifices religieux de belle grâce. Voici quelques images du Prieuré de Marcevol localisé à mi-chemin entre Prades et l’Ille-sur-Têt, avec le Canigou en ligne de mire. Ce lieu d’hébergement saisi au levé du soleil, accueille les groupes dans un cadre enchanteur au confort sommaire mais où rien ne manque.

À quelques kilomètres de là, nous rejoignons l’Abbaye Saint-Michel de Cuxa (prononcez Coucha), chef-d’œuvre de l’Art roman des XIe et XIIe siècles. Vouée à disparaître, elle fut finalement sauvée par celui qui s’apprêtait à la dépouiller de toutes ses richesses : le sculpteur américain George Barnard. Une partie du cloître a été reconstituée en 1955 avec les chapiteaux d’origine. L’Abbaye présente une curiosité architecturale remarquable : Une crypte circulaire qui s’organise autour d’un pilier central. L’endroit est touchant et envoûtant.

Nous finirons notre journée à Vernet-les-Bains, charmante station thermale d’un millier d’âmes qui se prépare à fêter la Saint-Jean, un moment clé de la tradition catalane. La veille, les Catalans convergent par dizaines vers le sommet du Canigou pour y régénérer la flamme de l’Amitié et du Partage qui redescendra alors vers tous les hameaux, villes et villages de la région pour y embraser les bûchers dressés. En fin d’après-midi, les habitants se réunissent pour danser sur des musiques traditionnelles. À la nuit tombée, les enfants convergent en procession vers la place du marché pour allumer une vasque pleine de bois. Puis, un peu plus tard, distribution générale de fougasse et de muscat. Les plus jeunes seront autorisés à sauter au dessus du brasier pour apprendre la discipline et le respect mutuel. Comme quoi jouer avec le feu s’avère ici un rite de socialisation et de respect des traditions.

Nous conclurons notre itinéraire catalan avec le Fort Libéria, remarquable citadelle édifiée sous les ordres de Vauban. Le génial ingénieur architecte de Louis XIV a, une fois de plus, imaginer ce perchoir imprenable aux confluences de la Têt et du Cadi. Il avait pensé à tout, notamment à préserver la vie des soldats assiégés. Les remparts de pierres sont surhaussés de briques (que l’on aperçoit ici), Vauban ayant constaté que les projections d’un obus tiré dans la brique causaient moins de blessures que dans la pierre.

Son projet initial prévoyait la construction d’un souterrain reliant le fort au village de Villefranche-de-Conflent situé 200 mètres plus bas. Il faudra attendre Napoléon III pour le voir réalisé : 700 marches à monter ou descendre, selon, relient aujourd’hui encore la citadelle au charmant bourg médiéval, lui aussi fortifié sous Vauban.

Nous laisserons le mot de la fin à notre hôte Florian Chardon, Directeur de Canigou Grand Site, le syndicat en charge de la mise en valeur d’un patrimoine naturel, culturel et historique remarquable trop souvent ignoré des estivants qui privilégient le balnéaire ou les hauts sommets au risque de s’entasser, alors que l’arrière-pays est si paisible et accueillant.
Yves Barraud – Toptrip.tv pour ClassTourisme

Découverte en vidéo de la Côte Vermeille, mi-sablonneuse mi-rocheuse, par la route et par la mer.

Les Pyrénées-Orientales disposent d’une grande variété d’attraits touristiques. Dans un précédent reportage, nous nous sommes intéressés aux moins connus, aux moins courus, ceux de l’arrière-pays, sur les balcons du Canigou. Aujourd’hui, nous portons notre regard sur le littoral dessiné pour moitié de belles plages et pour moitié de côtes rocheuses. Malheureusement, vous le constatez, la météo contrarie quelque peu notre périple.

Nous vous proposons deux approches. La première, par la route, nous conduit en direction de la Tour de la Madeloc qui ouvre un panorama époustouflant sur Argelès et Saint-Cyprien sur notre gauche, Collioure, Port-Vendres et Banyuls au centre et sur notre droite dans un paysage de vignobles, de petites routes sinueuses et de villages.
Puis nous nous rapprochons de la Méditerranée, au Cap Béar, un éperon rocheux qui s’enfonce dans la mer entre Port-Vendres et Banyuls.
De ce promontoire, nous avons un premier point de vue sur l’Anse des Paulilles, ancien site industriel reconverti dans les années 2.000 en zone d’intérêt touristique et patrimonial géré par le Conseil départemental. Jusqu’en 1984, plusieurs centaines d’ouvrières et ouvriers y produisaient de la dynamite. Depuis 2008, le lieu a retrouvé sa beauté originelle. Quelques vestiges témoignent encore des activités dangereuses, parfois explosives donc mortelles qui s’y exercèrent.

Le site classé des Paulilles accueille un chantier de restauration et de reconstruction des barques catalanes dont il subsiste encore quelques unités dans les ports du département. Sans cette judicieuse initiative, ces élégantes embarcations auraient probablement disparu, remplacées par les coques en plastique qui pullulent dans les marinas.

Profitons de l’occasion pour nous embarquer au départ d’Argelès-sur-Mer à bord du catamaran de Navivoile afin de longer la Côte Vermeille jusqu’à Banyuls, notre seconde approche du littoral des Pyrénées-Orientales. Le temps est toujours couvert mais le soleil finira par s’imposer en cours de croisière. Nous faisons une première escale à Collioure dont nous vous laissons apprécier le charme en ce mois de juin où les masses touristiques n’ont pas encore investi les lieux.

Nous passons le Cap Béar défendu par son phare de marbre rose, puis pénétrons dans l’Anse des Paulilles dont nous devinons au loin les plages et les vestiges industriels évoqués plus tôt. La traversée jusqu’à Banyuls est de toute beauté. Les paysages, alternance de criques rocheuses, de plages et de vignobles, sont préservés de toute construction disgracieuse. Nous débarquons dans le port de plaisance de Banyuls, lui aussi encore épargné des flux de touristes en cette fin juin.

Sous un ciel redevenu menaçant, nous reprenons la route pour arpenter les vignobles qui dominent le village. Malgré la météo, les paysages sont sublimes. Imaginez ces panoramas sous un ciel bleu et un soleil radieux.

Nous ne pouvions boucler notre périple sans évoquer la mémoire d’Aristide Maillol, l’un de nos plus grands sculpteurs, né et décédé à Banyuls en 1944. Maillol est enterré dans le jardin de son atelier, la Métairie, qui accueille un petit musée où l’on peut admirer quelques œuvres de l’artiste.

Crédits et Copyright: Yves Barraud – Toptrip.tv