La Savate comme Leitmotiv : Interview d’Annukka Volotinen

Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à la Savate ?

Quand j´étais à l´école primaire, notre famille passait souvent les vacances de ski dans les Alpes françaises. Je me suis intéressée à la France depuis cette époque. En 1997, quand j´ai commencé le lycée, je voulais m´essayer à un nouveau sport. Les sports de combat m´intéressaient et j´ai vu par hasard une annonce sur la Savate, la boxe française. Je ne connaissais pas du tout cette discipline, mais sans doute à cause du lien qu´elle avait avec la France, je me suis inscrite à la Savate. Je n´ai pas manqué un seul cours ! J´étais loin d´être la meilleure élève dans le cours mais quelque chose me fascinait dans la Savate et par la suite, j’ai pris à un cours plus avancé.

Si j´ai eu du succès dans cette discipline, c´est dans doute parce que je n´ai jamais perdu mon goût de l´entrainement. La savate est une discipline gratifiante pour ceux qui s´entrainent avec ardeur. Il faut des années pour apprendre correctement les techniques même si l´on ne peut jamais apprendre tous les secrets de la Savate.

Qu’avez-vous accompli dans la discipline ?

La première compétition dans un sport individuel à laquelle j´ai participé était les Championnats du monde d´Assaut à Paris en 2000. Jan Lagerblom (le directeur du Savate Helsinki Club) avait vu en moi quelque chose dont je n´étais pas consciente et il m´a demandé si je voulais participer aux championnats. J´ai dit oui sans réfléchir. – Et j´ai gagné la médaille d´argent ! Depuis ce jour, les compétitions ont occupé une place importante dans ma vie. En 2002 et en 2006 j´ai gagné la médaille de bronze aux championnats du monde et en 2009, j´ai gagné la médaille de bronze aux championnats d´Europe.
De 2002 en 2005 je me suis concentrée d´avantage à la boxe anglaise et j´ai un peu délaissé la Savate. Depuis j´ai gagné plusieurs médailles, dont trois en or, dans les combats de boxe anglaise au niveau national.
Cet été, j´ai fait un nouveau pas vers l´inconnu : j´étais la première femme finlandaise à participer aux éliminatoires des Championnats d´Europe de Savate Combat. Je me suis blessée au genou dès le premier combat et mon tournoi c´est terminé là.
J´aimerais quand même essayer de nouveau la Savate Combat, car cette discipline me plaît plus que l´Assaut.

Quelle est l´influence de la Savate sur votre vie de tous les jours?

La Savate m´a beaucoup donné. En plus des bénéfices du sport en général, les ressources mentales données par la certitude d´être forte en quelque chose sont encore plus importantes. La confiance en soi que l´on trouve dans la salle d´entrainement a une influence positive dans la vie de tous les jours. Sans la Savate, ma connaissance de la langue française ne serait pas non plus aussi bonne qu´elle l´est. J´ai la possibilité de pratiquer le français pendant les voyages sportifs – et aussi parfois pendant l´entrainement, quand il y a d´autres pratiquants parlant le français.

Comment voyez-vous votre avenir dans ce sport ?

L´avenir sera sans doute assez semblable au présent, en ce qui concerne le rôle de la Savate dans ma vie quotidienne. Je m´entraine dans les limites permises par mon corps et je participe aux championnats quand c´est possible. L´été prochain j´aimerais de nouveau participer aux championnats de Combat. Il est plus difficile de voir plus loin dans l´avenir. J´ai toujours dit que je vais pratiquer le sport aussi longtemps que j´y trouverais du plaisir. Avec mes amis fous des sports de combat, nous nous demandons souvent si nous allons monter sur le ring encore à l´âge de la retraite. C´est bien possible !
Je crois que j´aimerais aussi essayer le rôle d´entraîneur. En ce moment ce n´est qu´un passe-temps, mais dans l´avenir j´aimerais m´y consacrer sérieusement. Enfin le jour où j´aurais la patience de rester en dehors du ring…

Pour plus d’informations sur la Savate à Helsinki : www.savate.com

Propos recueillis par Mustapha Saddok