» Tu seras ma reine, je serai ton rein ! « , Vic & Dan, 3ème épisode

Vicky-Dan, la saga (3ème épisode)

Maintenant que Victoria Bernadotte, Vicky, pour les intimes, s’est fiancée à Daniel Westling, Dan le roturier, les « tâches » royales attendent ce dernier. Le futur prince de Västergötland a d’ailleurs accompli sa première avec brio, selon la presse spécialisée. Il devait faire acte de présence le jour de la fête de la princesse héritière, Victoria, le 12 mars. À la cour, on ne chipote pas, les fêtes se fêtent avec pompe. Comme tous les ans, la princesse fait une apparition devant le palais royal. Elle agite la main, reçoit un bouquet de fleurs, sourit, et s’en retourne à d’autres corvées. En toile de fond, s’agglutinent la reine mère, le monarque parfois, des membres de la fratrie, etc. Cette année, Dan était là aussi. Affichant un air martial frigorifié, il voulait visiblement être à la hauteur de la besogne. Une fois rentré au chaud, il n’a pas manqué de dire à sa promise tout le bien qu’il pensait de son nouveau rôle de potiche consort (il n’a pas fini !).

Victoria et Daniel
Victoria et Daniel

Vicky : Tu t’en ais bien tiré pour un débutant ! Pas trop crevé ?
Dan : Non, non ça va ! Mais la prochaine fois, je m’habille plus que ça ! Je me suis gelé, c’est de la cryothérapie ! Ta mère avait sa fourrure, toi, tes pantys fourrés sous le manteau, et moi comme un gland en complet veston !
V : Oh ! Tu ne vas pas te plaindre, c’était juste un quart d’heure !
D : Par moins cinq, avec un vent à décorner les lynx, tu aurais pu me prévenir !
V : D’abord, les lynx n’ont pas cornes, il va falloir que mon père t’emmène chasser, ça se fait dans notre famille… et puis, c’est comme ça, faut se montrer à la plèbe… Tu as vu le nombre de sujets qui attendaient dans le froid depuis des heures pour me voir leur agiter un petit bonjour de ma mimine royale le jour de ma fête ! Ça ne te touche pas ?
D : Si, si, bien sûr… Est-ce qu’on va le faire aussi pour ma fête ? Manque de pot, c’est un 11 décembre, ça caille là aussi !
V : On verra ce qu’en disent les gens du protocole, mais avoue que faire coucou de la main, c’est plus simple que de soulever de la fonte dans les salles de gym’, non ?
D : Vu comme ça… évidemment ! Quoi que la fonte, ç’est la suite logique du réchauffement…
V : Ouuuuaaah ! On va faire un malheur chez les écolos !

Quelques jours plus tard, la Cour lâchait la nouvelle que le monde entier attendait : la date de la cérémonie de mariage de la princesse héritière avec son roturier. 19 juin 2010, gardez ça en mémoire. C’est d’autant plus simple que de nombreux membres de la maison Bernadotte se sont mariés un 19 juin (voir précédente humeur).

Vicky : C’est décidé, on se marie le 19 juin l’année prochaine !
Dan : Ah ouais ? On n’a pas notre mot à dire ?
V : C’est compliqué, tu sais. Il fallait que ce soit un 19. Chez nous, c’est comme ça. On est accro au 19 chez les Bernadotte. En plus ça tombe bien, c’est un samedi… il y aura du monde dans les rues…
D : Au moins, au mois de juin, il risque de faire un peu plus chaud que d’habitude ! Mais moi, ce qui me chagrine, c’est que je vais louper la Saint Jean avec mes potes…
V : Moi pareil, mais le devoir, hein !
D : Dis donc, j’ai vu que ton frangin avait fabriqué des fourchettes. C’est pour le mariage ?
V : Pas seulement des fourchettes ! Tout un service de couverts. Il est créateur mon frangin, enfin… designer, comme on dit. C’est pas n’importe quels couverts non plus… et le sceau royal, hein ?
D : Le seau qui va avec le ramasse-miettes ?
V : Grand sot, n’exagérons rien…

Moment d’émotion fin mai à la Cour de Suède. Daniel Westling, futur compagnon de Victoria Bernadotte, a dû subir une intervention chirurgicale, une greffe du rein ! Transplantation réussie, le donneur était son père. Greffé et dégreffé se portent bien. La presse n’avait ainsi pas eu les reins assez solides pour sonder le cœur et les reins du futur, comment l’appeler… prince-partenaire ? Dan pourra désormais purifier le sang impur… Rien à craindre pour sa descendance, son insuffisance rénale n’est apparemment pas héréditaire… Non, rein de rein, non, je ne regrette rein ! Dans l’intervalle, sa promise, qui ne pouvait apparemment pas bousculer le protocole, voguait vers le Groenland avec d’autres têtes couronnées nordiques pour se rendre compte de visu des méfaits du réchauffement climatique et notamment du recul de la banquise, rein de moins ! Aux dernières nouvelles, le convalescent est sorti de l’hosto. Il pourra désormais susurrer à sa promise : « Tu seras ma reine, je serai ton rein ! ». En effet, à l’instar du prince consort du Danemark, Henri, comte de Laborde de Monpezat, Dan n’aura jamais le titre de roi. Henri, lui, rue dans les brancards, il veut du titre, et pas n’importe lequel, il en prince pour celui de roi au nom de l’égalité des sexes. On a les luttes qu’on peut !

On sait désormais où le couple héritier va habiter. Il a jeté son dévolu sur un petit manoir du 19e, Haga, à un jet de pierre de la capitale. Situé dans un très beau parc accessible jusqu’à présent au public, Haga slott et une bonne partie du parc à l’anglaise qui l’entoure est devenu Fort Knox. Personne n’y a plus accès, secret-défense sur toute la ligne… Des personnels de la sûreté suédoise y logeront, c’est dire… En attendant, on rénove de fond en comble pour les jeunes mariés… Pour les faux-frais, voyez ça avec la municipalité et le service des impôts ! On ne va pas embêter une future reine pour des broutilles pareilles !

D’humeur fraisée…

Le ridicule ne tue pas… 20 inspecteurs de l’agence suédoise du contrôle et de la conformité des aliments vont sillonner le royaume pour vérifier l’authenticité de l’origine des fraises vendues sous le label « fraises suédoises » ! Les fruits de fraisiers soupçonnés pérégrins seront expédiés dans un laboratoire en Allemagne pour vérification. Ils n’ont rien d’autre à foutre ? On se paye la fraise de qui ?

D’humeur enfumée…

Trop d’interdit tue l’interdit ! Les édiles municipaux suédois ne savent plus quoi inventer pour compliquer la vie de l’employé municipal lambda. Dernière trouvaille d’une commune sur quatre en Suède : l’interdiction de fumer durant les heures de travail. Il y avait déjà l’interdiction de fumer sur les lieux de travail, à cela s’ajoute donc une prohibition totale, même pas durant les pauses ou le déjeuner ! Les fumeurs sont priés de s’acheter une conduite vertueuse de non-fumeur, ou alors… Sensibles et faux derches, les responsables ne veulent pas parler d’interdiction mais d’initiative qui vise d’une part, à éviter la fumée sur les lieux de travail et d’autre part à protéger la santé. Quelle vision totalitairement fumeuse ? On souhaite bien du courage aux accros du pétun !

D’humeur culturelle…

Les Affaires étrangères suédoises, rattrapées, elles aussi, par la crise, envisagent des coupes claires dans ses budgets sous forme de suppression de représentations diplomatiques et consulaires. Ainsi, les consulats de New York et de Los Angeles aux États-unis sont sur la liste, itou pour ceux d’Istanbul en Turquie et de Guangzhou en Chine, même l’Institut suédois à Paris (ex Centre culturel suédois installé dans l’hôtel de Marle dans le Marais) ne serait pas épargné ! Ce n’est pas pour dire, mais fermer le seul institut culturel suédois dans le monde n’est sans doute pas la mesure la plus appropriée pour faire connaître l’action culturelle nordique ! La passerelle Suède-France va se trouver encore un peu plus amputée, déjà qu’on en est pratiquement à emprunter un pont de singe, on va devoir se rabattre sur un gué !

À signaler au passage, qu’au classement de l’image de marque des pays par le NBI (Nation Brands Index), catégorie culture et patrimoine, la France se classe en tête dans le monde, alors que la Suède n’arrive que treizième. En se privant de la vitrine parisienne, la Suède risque de se retrouver dans les tréfonds de l’index NBI ! Comme écrivait l’un des signataires d’un article pétition contre la fermeture du site culturel suédois à Paris, sacrifier cette plateforme créatrice pour épargner le coût d’un long-métrage suédois… Ridiculement contre performant !

D’humeur politiquement correcte…

Après avoir restitué à une délégation d’aborigènes d’Australie, qui en avaient fait la demande, les ossements d’une quinzaine des leurs en 2004, le musée ethnographique de Stockholm a décidé de poursuivre sa B.A. rédemptrice et de renvoyer cinq crânes d’Hawaïens que des explorateurs suédois avaient ramené dans leurs bagages au 19e siècle pour des études sur l’évolution des races. Dans leur lancée, le musée a également l’intention de réexpédier en Nouvelle-Zélande quelques squelettes de Maoris, ou supposés appartenir à leur communauté. Grand ménage dans les placards ? Il reste des momies, des tombeaux, des armes, des vêtements, des outils, des pirogues, des habitats, bref, pas mal de choses à renvoyer aux descendants de ceux auxquels ils ont appartenu ; objets qui finalement n’ont pas servi à grand chose dans la grande quête évolutionniste qui animait alors les anthropologues des races nourris d’idéologie régressive. La Suède n’a, à cet égard, ni à donner de leçon, ni à en recevoir d’autres pays dits développés.

D’humeur nazillone…

Dans un livre (God dag kampsyster – Salut les filles en lutte) publié par deux journalistes suédoises du magazine Expo, celui-là même que dirigeait Stieg Larsson (Millenium) de son vivant, on apprend que de plus en plus de jeunes femmes suédoises adhèrent aux idéaux de groupuscules d’extrême droite. Et quel type de propagande attire ces nouvelles Walkyriees ? Que du classique de chez traditionnel ! Elles sont sensibles au fait que la femme blanche perpétue la race, qu’elle en est la garante… qu’elle est victime des assauts sauvages des barbares… que du déjà lu, mâchonné et remâché. Personne ne les force, elles y tombent d’elles-mêmes dans les bras de la droite extrême, elles s’y sentent protégées, promis, juré ! Inquiétantes tendances… Ce n’était pas ce type d’image que l’on avait des Suédoises ! Ça va être dur de s’adapter ! Père gardez-vous à droite !

D’humeur Saabordée…

Si tout se passe comme General Motors le veut, Saab sera racheté par Koenigsegg, pour un prix qui n’a pas été dévoilé. Qui est Koenigsegg ? C’est un constructeur automobile suédois « confidentiel » qui fabrique des bolides, des supercars de luxe (plus d’un million d’euros le bout !) pour riches émirs (Koenigsegg a produit 18 véhicules en 2007, modèles CCX et CCXR). C’est Christian von Koenigsegg qui a monté l’entreprise en 1994 (la firme a produit en tout et pour tout 72 véhicules au cours de son existence !), soutenu par de puissants financiers norvégiens. Auront-ils les reins suffisamment solides pour sauver Saab ? Dans les sagas nordiques, les phénomènes miraculeux sont légion ! Saab racheté par un Suédois retourne au pays…On jurerait une de ces inscriptions cryptiques sur une pierre runique !

En attendant, tout le monde se congratule. GM, bien sûr, c’était inespéré ; Saab, qui croit ainsi entrevoir le bout du tunnel et l’État suédois qui n’aura pas à prendre en charge les chômeurs.
Une entreprise qui compte une cinquantaine de salariés va en racheter une qui en emploie 3 500 et qui, au bout du compte, ne fait pas la même chose ! Côté financement, ça louvoie un peu mais ça devrait tenir la route d’autant que la BEI (banque européenne d’investissement) se dit prête à s’engager pour un prêt de quelque 430 millions d’euros garanti par l’État suédois, c’est à dire le contribuable. Et, si après le rachat, l’affaire capote, c’est encore le pauvre assujetti qui va éponger, comme avec les chantiers navals il y a quelques années, par exemple.
La Suède, qui veut toujours se profiler environnementalement correcte, est globalement contre les voitures, mais favorable à l’industrie automobile. Toujours délicat d’assumer ses contradictions. Roulera ? Roulera pas ? Les spécialistes de l’automobile ne voient pas vraiment à quoi va ressembler une SoenigKaab !?! Sont-ils les seuls ?