Les Triaboliques bientôt au Festival Etnosoi

Cette année, le Global Music Centre fête ses trente ans, et pour la 23ème année consécutive elle organise le festival Etnosoi du 9 au 23 novembre. A cette occasion, vous pourrez assister à huit concerts des plus variés rassemblant des groupes provenant des quatre coins du globe : Titi Robin Trio (France), Acoustic Africa (Mali), Ensemble Ferenc Sebö (Hongrie), Johanna Juhola Trio, Arnold Chiwalala & co (Finlande), Göksel Baktagir, Timo Väänänen, Derya Türkan et Ilkka Heinonen (Turquie), Samo (Tadjikistan) et Les Triaboliques (Royaume-Uni). Partons à la rencontre de Ben Mandelson, membre du groupe les Triaboliques.

– Comment s’est formé votre groupe ?

Au début, René Goiffon, responsable français d’Harmonia Mundi (maison de disque établie à Arles depuis les années 1950) m’a contacté ainsi que Justin Adams et Lu Edmonds pour que l’on réalise un disque ensemble. Il aimait ce que l’on faisait individuellement et voulait donc nous rassembler. Cela a pris environ 4 ans pour réaliser le projet. Je le trouve vraiment génial car c’est un projet « old style » parce que c’est le producteur qui est à l’origine du projet. Même si nous venons tous les trois de domaines musicaux différents, l’idée nous a plu étant donné que nous sommes amis depuis 20-25 ans.

– Pourquoi avoir choisi ce nom de groupe ?

Au tout début, il est tiré d’un film très intéressant, « Les diaboliques », vieux film français réalisé par H.G Cluzot. Notre producteur nous laissait le choix du nom, mais dans la mesure où c’est lui qui nous a réunis, nous avons préféré lui laisser le choix du nom du groupe. Il nous a donc dit, vous vous êtes les trois diaboliques. Mais ce nom est déjà utilisé par un trio féminin d’improvisation de jazz. Ne voulant pas décevoir leur public nous avons préféré changer de nom. Surtout qu’elles excellent dans leur art et qu’elles sont bien plus douées que nous… Notre nom correspond donc à la contraction de trio et diaboliques.

– Comment définiriez-vous votre univers musical et surtout le style de votre album ?

Pour l’album, nous avons décidé de nous cantonner à un sentiment qui allait guider toute la création artistique. Il est préférable de se limiter à un sentiment dans la mesure où le nombre d’influences possibles est infini. Nous avons donc choisi le crépuscule, sentiment quasi urbain. Tous les trois, nous avons évolué dans des domaines différents. Justin a beaucoup joué dans les groupes de rock et blues (il a été d’ailleurs producteur de blues du désert) apportant donc la sensibilité propre de cette musique à notre formation. Quant à Lu, polyglotte du groupe, il a évolué dans le punk mais aussi dans les musiques du centre de l’Asie. Dans mon cas, je me suis beaucoup occupé d’enregistrement de musique à Madagascar, en Albanie… et j’ai joué avec beaucoup d’artistes mais surtout de la musique balkanique. Avec toutes ces influences, ces racines et ces possibilités, il a fallu choisir et nous avons ciblé l’album sur le crépuscule.

– Pourquoi participez-vous à ce festival ?

Il faut savoir que j’étais présent lors des premières éditions, un grand moment de bonheur c’est donc avec plaisir que j’y retourne cette année, cela donne un petit côté historique à l’évènement. Par ailleurs, les Finlandais ont un certain esprit crépusculaire… Du moins ils s’y connaissent beaucoup ! De plus, du point de vue artistique, il est enrichissant de jouer avec d’autres groupes. Je pense qu’aucune chose n’est exclusive en musique, aucune barrière n’existe entre les différents courants musicaux. Et puis, nous avons tous la même passion. Pour nous tous, le contact avec le public est la chose la plus importante. D’ailleurs, ce choix de salle est judicieux car il procure une certaine intimité et proximité avec le public, proximité propice aux nombreux échanges. Surtout que nous sommes un trio à cordes, instruments en quelque sorte intimes. En plus, c’est un vrai plaisir de jouer avec les membres du groupe, à chaque fois c’est un moment intense, différent et des plus épanouissants.

– Prévoyez-vous de continuer le projet et sortir d’autres albums ?

Oui, nous pensons réaliser de nouveaux albums mais en ciblant sur d’autres sentiments afin de créer une certaine évolution. Par ailleurs, nous ferons peut être intervenir des invités pour diversifier le répertoire, comme par exemple en incluant des cuivres. Néanmoins, lors des concerts, il est difficile d’amener beaucoup d’instruments étant donné les problèmes liés aux nombreuses restrictions pour le transport de matériel parfois très fragile. Mais être trois est un avantage car c’est plus efficace et propice à la création. A savoir que c’est réellement un trio et non un soliste avec deux accompagnateurs.

– Pouvez-vous donner quelques détails sur le concert ?

Le concert a lieu le 23 novembre à partir de 20 h 00 à Korjaamo. Nous n’avons pas encore tout à fait prévu le déroulement du concert mais ce sera sûrement deux fois 45 min avec une légère pause. A savoir que rien n’est figé et si par la suite le public veut nous rencontrer pour discuter, signer des autographes…Tout est possible. En espérant que le public viendra en nombre !

Comme vous l’avez compris, ce festival risque d’être riche en émotion. Je vous invite donc à consulter le site internet www.etnosoi.fi pour plus d’informations.

Interview réalisée par Audrey Guidez

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