Un gouvernement minoritaire : les ambassades trinquent !

Depuis les élections parlementaires de l’automne dernier, le gouvernement suédois est minoritaire au Parlement. Comme toujours, ce genre de situation amène soit à des concessions, soit à des accrochages. Et accrochages il y eut. En décembre, le gouvernement dut plier après qu’un vote du Parlement suédois (le Riksdag) coupa dans le budget administratif de l’État à hauteur de 300 millions de couronnes (33 millions d’Euros). En conséquence, le gouvernement annonça, bien a contre cœur, la fermeture de 5 ambassades.

Et les nominés sont… suspense insoutenable… Luanda en Angola, Kuala Lumpur en Malaisie, Hanoi au Vietnam, et, peut être plus surprenant, Buenos Aires en Argentine et, le numéro complémentaire, Bruxelles pour le pays de Tintin. Cette annonce, faite le 22 décembre semble avoir été le fruit d’intenses réflexions et de choix douloureux. Quelques jours auparavant, à la suite de l’actuel vote du budget, le ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt, déclara que plusieurs ambassades seraient menacées de fermeture. Sans compter celles qui vont effectivement fermer leurs portes, le ministre cita également les ambassades en Algérie, Cuba, Lisbonne, Soudan, Maroc et Corée du Nord comme étant choix potentiels.
Même si il puisse paraître quelque peu surréaliste de penser que la Suède a préféré conserver son avant poste Nord-Coréen à son homologue Belge, il faut savoir que la Suède conservera tout de même une ambassade dans le pays. Explications. Tous les membres de l’UE possèdent à Bruxelles, deux ambassades. Une en charge de leurs relations avec la Belgique et une autre en charge de leurs relations avec l’Union Européenne. Ceux qui sont également membres de l’OTAN y ont même un troisième ambassadeur. La Suède rattachera donc ses services diplomatiques à la Belgique à l’ambassade à l’Union Européenne. Que les touristes suédois se rassurent donc, s’ils doivent finir un jour, détroussés au coin d’une allée sombre ils trouveront toujours quelqu’un à qui parler.

La fermeture des ambassades reflète néanmoins très bien l’atmosphère de marasme budgétaire qui a cours ces temps-ci en Europe. Alors que presque tous les gouvernements doivent se serrer la ceinture ou même pour certains péniblement courber l’échine devant le FMI, il semble que même la sacro sainte diplomatie se doivent de participer à l’effort d’abatage collectif.
Ainsi, peu de pays peuvent se permettre le luxe d’une représentation diplomatique massive à l’étranger. En Europe du Nord, le pays le plus représenté est la Norvège avec 89 ambassades. Second est le Danemark avec 80 ambassades. En queue de peloton, la Suède (78) et la Finlande (74), qui, en octobre dernier déclara également vouloir fermer quelques officines. Les (mal)heureux élus sont cette fois le Venezuela et les Philippines. Le Danemark dut également couper dans son budget et annonça en avril la future fermeture des ambassades de Jordanie, Bosnie, Algérie et Nicaragua.

Dure vie pour les diplomates ces temps-ci. Non seulement doivent-ils passer de longues années loin de leur mère patrie et prendre tous les coups vaches destinés à la leur pays (le pauvre ambassadeur Norvégien en Chine en a récemment fait l’expérience), ces derniers doivent maintenant également craindre pour leur position… enfin, comme disent certains, ce n’est que justice, pourquoi les fonctionnaires devraient-ils avoir le privilège d’un travail à vie ?

Par Lyonel Perabo