Libye : la Norvège et le Danemark se préparent

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a enfin entériné l’autorisation de procéder à des frappes sur le sol libyen, les responsables des défenses danoise et norvégienne ont déclaré être prêt à suivre le pas de la France et de la Grande-Bretagne et ainsi envoyer leurs chasseurs participer aux opérations militaires à venir.

Le Conseil de sécurité de l’ONU aura donc finalement voté, avec 10 votes contre 5 abstentions la résolution 1973 autorisant entre autres le recours à la force dans le but de protéger la population civile libyenne. L’adoption de cette résolution est le fruit de plus d’une semaine de discussions et de négociations entre les membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU. Alors que les USA, la Grande-Bretagne et la France ont rapidement exprimé leur désir d’influer sur le sort du conflit libyen, la Russie et la Chine ont, comme à leur habitude, exprimé les plus grandes réserves quant à tout acte d’ingérence occidental dans les affaires libyennes.
Les deux nations auront en revanche décidé de ne pas interférer outre mesure dans les plans d’intervention proposés par la France, le Liban, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Ils ont ainsi décidé de manière plus neutre de s’abstenir, rejoins dans cette décision par le Brésil, l’Inde et l’Allemagne.

Dans la journée de vendredi, le président français, Nicolas Sarkozy, s’était entretenu avec son Premier ministre, François Fillon, à propos de la mise en place de la zone d’exclusion aérienne, élément pivot de la résolution onusienne. Plus tôt dans la journée, François Baroin, ministre de la Défense avait déclaré que des frappes pourraient être effectuées dans la journée. Une réunion entre le Président français et le Premier ministre britannique fut également planifiée pour samedi.

La réaction des pays scandinaves ne se fit pas attendre. La Norvège rendit ainsi très rapidement public sa décision de prendre part à l’opération. Dès la matinée du 18, le ministre de la Défense norvégienne, Grete Faremo déclarait à l’agence Reuters que la Norvège participerait à l’opération. Bien que cette dernière n’entra pas dans les détails, la plupart des commentateurs ont supputé que le pays scandinave pourrait envoyer plusieurs de ses avions de chasse F-16 ainsi que des appareils de ravitaillement pour pouvoir également mettre en place une opération humanitaire.
Le Danemark fut également très clair dans son soutient à une opération militaire dirigée contre les forces loyalistes de Mouammar Kadhafi. Le ministre des Affaires étrangères danois, Lene Esperen pouvait ainsi, dès le 15 mars promettre 4 chasseurs et 90 membres d’équipage pour mener à bien une possible zone d’exclusion aérienne. La motion, qui fut adoptée vendredi par le parlement danois vit la grande majorité des députés exprimer leur soutien à une intervention de l’armée du royaume. Au final, ce seront 6 chasseurs qui devraient être déployés. « À partir de 6 h du matin demain matin, nous devrions être capables d’avoir nos chasseurs dans les airs » déclara ainsi Gitte Lillelund Bech, ministre de la Défense.

Du côté de la Suède, si Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères déclara ne pas considérer la présence de forces nationales dans les opérations à venir, il exprima en revanche son soutien à une opération sous l’égide de l’OTAN et n’exclut pas la participation de la Suède sur le long terme. « L’OTAN doit d’abord prendre une décision et décider de sa contribution militaire. Nous verrons par la suite s’ils ont besoin de solliciter d’autres pays ».
La Finlande quant à elle est restée plutôt discrète sur le sujet. Le seul élément d’information décelable au moment de l’écriture de ces lignes étant un message du ministre des Affaires étrangères, Alexander Stubb, sur Twitter. Rédigé vers 14 h, le succinct (Twitter oblige) message déclare « Très ferme CSONU (Conseil de Sécurité de l’ONU) sur Libye. Bien ! La communauté internationale a la responsabilité de protéger les civils. » La position de la Finlande reste donc peu claire mais, étant donné le silence quasi-total des agences de presse finlandaises, une participation à l’imminente opération militaire conter le régime Libyen semble improbable.

Alors que la Libye, à travers son ministre des Affaires étrangères a fait savoir qu’il se soumettait au cessez-le feu imposé par la résolution 1973, la situation sur la scène internationale reste très chaotique. Si, sur le sol libyen les combats auraient semble-t-il cessé, les plans pour une possible attaque aérienne de la Libye par la France, la Grande-Bretagne et leurs alliés ne sont pas pour autant remis au placard. Avec une situation si troublée et un imprévisible ennemi comme Mouammar Kadhafi toujours aux commandes de son armée, la situation pourrait prendre de nombreuses directions potentielles. Espérons simplement que l’application de cette résolution puisse limiter au maximum les dommages humains inhérents à une guerre civile de cette ampleur.

Une réflexion au sujet de “Libye : la Norvège et le Danemark se préparent

  1. Lerhit Adolf

    Bizarre que ce soit la France qui intervienne dans les affaires internes de la Libye.C´est vrai que Kadhafi devrait prendre sa retraite et le probléme serait résolu.Non ,il continue ,alors que Sarkozy a décidé qu´en France la retraite va passer de 60 á 65 ans.Sans doute qu´en Libye, la retraite se prend quand on le veut.
    Si c´est pour éviter de tuer des civils et des innoncents dans les bastions opposés à Kadhafi,pourquoi alors tuer des civils et des innoncents aussi dans le bastion de Kadhafi.Ce n´est pas mieux .Pourquoi Sarkozy n´a pas fait la même chose contre Israel qui envahissait la bande de Gaza ?
    Et puis ,il y a aussi la même chose avec la Côte d´Ivoire,où des civils des 2 côtés se font tuer,le Zimbabwe avec un autre président qui dirige le pays comme un déspote.Sarkozy ne fait rien pour ces pays.ce n´est pas juste.
    L´Iran et la Corée du Nord sont encore d´autres pays où Sarkozy pourrait inetrevenir et où il ne fait rien.