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Le « modèle Ikea » est mis à mal

Le magasin de Kungens Kurva (Stockholm) - Photo M.U.

La réputation d’Ikea n’est plus à faire. Salaires plus hauts que la moyenne, bonnes conditions de travail et éthique responsable faisaient partie de ce qu’on a longtemps appelé « le modèle Suédois ». Pourtant, l’image de la marque fondée en 1947 est mise à mal sur plusieurs fronts.

C’est en effet pour réclamer une augmentation de leurs salaires que les salariés d’Ikea France sont en grève depuis maintenant près d’un mois, une première dans l’histoire du groupe. Même si le mouvement s’essouffle (15 magasins touchés sur 26, contre 22 au début du mouvement), les grévistes prévoient de poursuivre la mobilisation. Pointant du doigt les bénéfices du groupe pour 2009 qu’ils estiment à 52 millions d’euros, les syndicats demandent toujours une augmentation de salaire de 4%.

Si le mouvement tend à marquer le pas, les salariés restent mobilisés. Interrogé par Eco89, Sebastien Heim, assistant caisse à Paris, nous explique que selon lui, Ikea France « ne suit pas le vrai concept de rémunération comme le fait la Suède ». Pour d’autres au contraire, la mobilisation n’a pas de sens. Rémy, salarié d’Ikea France à Grenoble, assure que les salariés ont « énormément d’avantages qui sont inexistants dans d’autres grandes enseignes » et juge ce mouvement « déplacé ». Après avoir proposé une augmentation de 2%, insatisfaisante selon les syndicats, la direction d’Ikea a annoncé communiquer sur la question à partir de la semaine prochaine.

En Russie, c’est une affaire de corruption bien embarrassante qui a mis le fondateur du groupe Ingvar Kamprad dans tous ses états, il y a environ trois semaines. « Je me suis assis dans mon vieux fauteuil et j’ai pleuré. J’ai sangloté comme un enfant tellement j’étais triste » confie-t-il à Expressen. La raison d’une telle peine ? La découverte par le groupe d’une grosse affaire de pots-de-vin impliquant deux de ses dirigeants russes. Le multimilliardaire suédois, à la retraite depuis plus de vingt ans, a néanmoins conservé une grande place dans la direction du groupe et l’attachement qu’il voue à son entreprise était connu de tous. Les deux dirigeants russes ont été licenciés et une enquête interne vient d’être entamée. Cela ne semble pas avoir affecté l’image de la marque, puisque profitant d’une visite en Russie du premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, les autorités russes ont proposé mercredi dernier de rédiger un « code d’honneur » pour les entreprises, en prenant pour modèle… Ikea.

La réputation de l’enseigne jaune et bleue avait déjà été mise à mal cet automne avec la parution d’un livre pointant du doigt les dérives de l’entreprise (La Vérité sur Ikea – Sanningen om IKEA). Rien n’avait été épargné à Ingvar Kamprad, puisque pingrerie, misogynie, brutalité, népotisme et hypocrisie étaient autant de qualités que l’auteur Johan Stenebo attribuait à son ancien patron. Cela n’a pas suffit pour égratigner l’image très positive dont jouit le patron d’Ikea, qui reste une des personnalités préférées des Suédois.

De plus, malgré les difficultés de ce fameux modèle, l’avenir semble prometteur pour le géant de l’ameublement, puisque le groupe prévoit d’ouvrir 15 magasins en 2010.

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