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L’Avare au Dramaten de Stockholm

Un sou c’est un sou… mais n’hésitez pas, mettez 150 couronnes (moins de 15 euros) et payez-vous le billet… Mieux allez en famille, Molière, ca ne fait jamais de mal et même joué en suédois, il faut aller voir cet Avare (Den Girige) à Dramaten, le Théâtre National de Stockholm. La Maison d’Ingmar Bergman renait avec la pièce de Molière, mi- farce carnavalesque, mi-figue amère.

rabaeus_LavareC’est dans la petite salle, ce n’est pas un problème. Les dernières représentations de 2009 se jouent à guichets fermés, réservez pour la reprise en mars… C’est l’un des meilleurs spectacles de cet hiver servi par un acteur, Johan Rabaeus, formidable, qui nous livre là un des meilleurs Harpagon. Un avare universel.

Il faut voir Johan Rabaeus, un des piliers du théâtre royal mais qui n’a jamais été reconnu à sa juste valeur… À 62 ans, il trouve en Harpagon un rôle à sa mesure où il excelle par son jeu, sa présence et sa générosité… Paradoxe pour un avare, suédois de surcroit ! Il mixte à merveille les grimaces, les mimiques, les râles, les étranglements qui faisaient le succès de Louis de Funès dans le célèbre film de Jean Girault et les intonations, le dramatique, le pathétique de Michel Bouquet qui a joué le rôle deux fois, à 20 ans d’intervalle.

On nous dit que Denis Podalydès actuellement à la Comédie Française renouvelle le rôle-titre par un jeu et dans un costume encore plus sombre et absurde pour une pièce qui reste toujours d’actualité plus de 300 ans après sa création. On n’a pas encore vu la dernière mise en scène parisienne mais la prestation, la performance de Rabaeus met également en exergue ce côté irresponsable et décadent…

L’Avare est la pièce de Molière la plus jouée dans le monde. Il faut continuer à la présenter et ce, peut-être même encore plus de nos jours, en prélude par exemple de toutes les conférences internationales…

On apprend que Rabaeus est fils de diplomate et a passé son enfance entre Stockholm, Genève et Paris et qu’il connait le théâtre français. Et on sent bien que Molière, il l’a dans la peau, dans les veines, dans le souffle, dans le… coffre si l’on peut dire !
Et on aimerait bien le voir dans Tartuffe, le Malade Imaginaire et quelques autres grands rôles du théâtre français lui, qui n’est pas avare de son jeu pour deux sous !