La visite d’Emmanuel #Macron en #Suède

(avec AFP) – Emmanuel Macron a effectué mardi 30 et mercredi 31 janvier une visite d’Etat en Suède, en passe d’accéder à l’Otan, l’occasion pour les deux pays de renouveler leur partenariat stratégique et d’évoquer l’avenir de la défense européenne alors que la guerre en Ukraine va entrer dans sa troisième année.

Hasard du calendrier, le président français s’est envolé pour Stockholm, alors que les agriculteurs en colère continuaient d’installer leurs blocages autour de Paris. Les images des tracteurs sur les autoroutes menant à la capitale française ont percuté celles du faste des réceptions par le roi Carl XVI Gustaf et la reine Silvia.

(Photo by Ludovic MARIN / AFP)


Le mouvement de protestation des paysans français a poursuivi Emmanuel Macron dans
le royaume scandinave, à la veille du sommet européen à Bruxelles, crucial pour répondre à certaines de leurs revendications-clefs.

Le président français s’est exprimé mardi –juste avant la déclaration de politique générale de son nouveau Premier ministre Gabriel Attal devant le Parlement–, à l’occasion d’une conférence de presse avec le chef du gouvernement suédois Ulf Kristersson. Les deux hommes ont signé un nouveau partenariat stratégique bilatéral, selon l’Elysée.


L’invasion de l’Ukraine par Moscou, il y a bientôt deux ans, a bouleversé la donne en Suède:
longtemps neutre sur le plan militaire, Stockholm a décidé d’entrer dans l’Alliance atlantique. La Hongrie reste le dernier obstacle à cette adhésion, dont Ulf Kristersson a prévu de parler,à Bruxelles en marge du Conseil européen, avec son homologue hongrois Viktor
Orban.

Emmanuel Macron, qui se rendra en Ukraine en février, a abordé les questions de défense lors
d’un discours mardi après-midi devant des jeunes officiers suédois de l’Académie militaire de
Karlberg. La Suède « est un pays qui a la même vision de la souveraineté que la France » avec « la volonté de développer des capacités sur un spectre très large, que ce soit des capacités opérationnelles et industrielles« , dit un conseiller du président français, soulignant une approche commune de la nécessité d’entrer en « économie de guerre ».
La France et la Suède ont signé une déclaration d’intention sur les systèmes de défense
anti-aériens et de surveillance aérienne, tandis que les entreprises Saab et MBDA devraient conclure « dans les prochains jours un contrat sur le développement du missile antichar Akeron », selon Paris.

-Coopération nucléaire-
L’autre thème majeur de cette visite d’Etat, la première d’un président français en Suède depuis
celle de Jacques Chirac en 2000, était l’innovation « face au défi de la transition verte et
numérique », expliquait l’entourage d’Emmanuel Macron. Ce dernier a visité mercredi accompagné du Roi, à Lund dans le sud de la Suède, l’European Spallation Source (ESS), une installation de recherche scientifique sur les neutrons cofinancée par la France avec douze autres pays européens. Il s’est également rendu au siège mondial de la société Alfa Laval. leader mondial dans 3 domaines  technologiques clés  -l’échange thermique, la séparation et le transfert de fluides- dans des secteurs aussi stratégiques que l’Énergie, l’Environnement, l’Agroalimentaire et l’industrie maritime..
Le renforcement des coopérations dans le nucléaire civil, et celui de relations commerciales
déjà florissantes avec des échanges d’une valeur de 22 milliards d’euros, ont été aussi à l’ordre du jour. « On considère que les conditions pour les entreprises se sont améliorées ces dernières années », affirme l’ambassadeur de Suède à Paris, Håkan Åkesson, rappelant que l’Hexagone est la première destination des investissements suédois en Europe depuis maintenant quatre ans.

A l’Université de Lund, s’il n’a pas rencontré la nouvelle Prix Nobel de physique 2023, la franco-suédoise Anne L’Huillier, professeur de physique atomique dans cette faculté suédoise, Emmanuel Macron a échangé avec des étudiants sur « les enjeux de résilience des sociétés démocratiques européennes », à moins de cinq mois des élections européennes qui pourraient voire l’extrême droite progresser fortement. En France, le Rassemblement national fait pour l’instant la course en tête dans les sondages, loin devant le camp présidentiel. A Stockholm, le conservateur Ulf Kristersson dirige un gouvernement de coalition soutenu par le parti d’extrême droite Démocrates de Suède (SD), qui n’a toutefois pas de ministres.
Après une réception offerte en l’honneur de ses hôtes, Emmanuel a quitté la Suède et s’est envolé mercredi soir pour Bruxelles. 

Et puisqu’il faudra peut-être attendre 20 nouvelles années (la dernière visite date de 2000 et Jacques Chirac) pour la prochaine visite d’un président français en Suède, nous publions ci-dessous quelques photos officielles (BFMTV) et la dépêche de fin de visite par l’AFP :

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En Suède, Macron plaide pour une économie européenne moins réglementée

Stockholm, 31 jan 2024 (AFP) – Le président français Emmanuel Macron a plaidé mercredi pour une Europe de l’industrie et de l’énergie « plus audacieuse » et « moins réglementée », au deuxième jour de sa visite d’Etat en Suède.
Cette deuxième journée met l’accent sur la coopération économique entre les deux pays, l’innovation face aux défis climatique et numérique, et se termine par un débat sur la démocratie avec des étudiants. Emmanuel Macron est intervenu mercredi matin devant des chefs d’entreprises français et suédois à Stockholm, plaidant pour qu’en matière industrielle, l’Europe cesse de « surréglementer » par rapport aux Etats-Unis et à la Chine et stimule les investissements. « Nous avons besoin d’une politique industrielle européenne plus intelligente », a-t-il dit. Il faut « plus d’investissement, plus de marché unique et moins de réglementation », a ajouté le président français pour qui l’économie européenne risque de « désynchroniser » par rapport aux Etats-Unis et à la Chine.
En matière d’énergie, il a également souhaité une politique européenne « plus rapide et plus audacieuse » ainsi que le développement accéléré d’un marché de l’électricité bas carbone. « L’Europe doit cesser de réguler l’hydrogène et les autres usages de sources d’électricité », a-t-il déclaré. Il a enfin plaidé pour des investissements plus importants dans les secteurs critiques pour l’économie européenne: défense, espace, intelligence artificielle et technologies vertes. Mardi, il avait vanté des investissements croisés en croissance et le « niveau historique » des échanges de biens et de services entre les deux pays, à hauteur de 22 milliards d’euros.

– Débat sur l’Europe – Paris et Stockholm ont signé un élargissement de leur partenariat stratégique en matière d’innovation, approfondissant la coopération dans le nucléaire, la défense et la sylviculture.
Accueilli avec le faste propre à une visite d’Etat dans le royaume scandinave, le président avait appelé mardi l’Union européenne à des décisions « courageuses » pour accélérer et amplifier son soutien militaire à l’Ukraine.
Dans la ville universitaire de Lund, Emmanuel Macron doit visiter dans l’après-midi l’European Spallation Source (ESS), une installation de recherche scientifique censée devenir la source de neutrons la plus puissante du monde, cofinancée par la France avec 12 autres pays européens. Les deux pays veulent renforcer leur coopération dans le nucléaire civil. Toujours accompagné du roi de Suède Carl XVI Gustaf, il se rendra également auprès de l’entreprise Alfa Laval, dont les activités sont, selon l’Elysée, « au coeur de la transition écologique de l’industrie ». Il s’agit pour le président français et les dirigeants suédois de se poser en leaders européens en matière d’innovation « face au défi de la transition verte et numérique », comme l’explique l’entourage d’Emmanuel Macron.
Enfin, à l’Université de Lund, il participera au « Studentafton », un temps d’échange avec les étudiants, véritable institution de cet établissement partenaire de Saclay, près de Paris. Au coeur des débats, « les enjeux de résilience des sociétés démocratiques européennes », à moins de cinq mois des élections européennes qui pourraient voir l’extrême droite progresser fortement. En France, le Rassemblement national fait pour l’instant la course en tête dans les sondages, loin devant le camp présidentiel, une situation qui peut résonner en Suède, où le Premier ministre conservateur Ulf Kristersson dirige un gouvernement de coalition soutenu par le parti d’extrême droite Démocrates de Suède (SD), qui n’a toutefois pas de ministres.

Crédits photos DR, AFP, Pool Image Stockholm