Francolympien#4 : Le Village des athlètes ? Une véritable mégapole olympique !

Dans 3 mois, le 18 juillet 2024, les premiers athlètes prendront leurs quartiers olympiques dans leur Village pendant les Jeux de Paris 2024. Un Village ? Un titanesque projet immobilier à près de 2 milliards d’euros, essentiellement financés par des promoteurs privés, piloté depuis 7 ans, par la Solideo (l’établissement public chargé de livrer les ouvrages olympiques) et étalé sur plus de 50 hectares à cheval sur 3 communes Saint-Denis, Saint Ouen et l’Ile Saint-Denis, à la lisière nord de Paris.

Le village olympique, installé à Saint-Denis. (Drone Press/ABACA)

C’est le 29 février dernier que le Village a été inauguré en grande pompe par le président lui-même et que l’Etat a donné les clefs officiellement au COJOP (Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et paralympiques). Un trousseau énorme: 45 000 clés flambant neuves qui devraient ouvrir les portes de 82 bâtiments résidentiels et près de 3 000 appartements.

Les chiffres des JO avant les records:
7 années de travaux et 3 villes impliquées sur plus de 50 hectares. pour 206 délégations et 15.000 athlètes qui devront occuper 3.000 bâtiments et 7.000 chambres, disposer de14.000 lits, 5.535 sofas et 8.200 ventilateurs mais pas de clim. Enfin 300.000 préservatifs seront distribués aux athlètes  et chacun pourra repartir avec sa couette offerte en cadeau !

La future place des athlètes, lieu de rencontre des sportifs avec leur famille et les médias.© Drone Press / Solideo

« Le village s’étend sur 52 hectares au nord de Paris et sera composé de près de 82 bâtiments, 3 000 appartements et 7 200 chambres pour accueillir 14 500 athlètes répartis en 206 délégations olympiques. Si les murs sont terminés, il faut désormais meubler ce village olympique. «Cela représente plus de 345 000 pièces en tout qui vont être acheminées. Des couettes, des tables de chevet, des lits, il y en aura 14 250, 8 200 ventilateurs et 5 535 sofas», détaille Laurent Michaud, directeur des villages olympiques et paralympiques chez Paris 2024. Cette ville éphémère comptera une épicerie, un commissariat, un salon de coiffure, un bar (sans alcool) et un centre multiconfessionnel. Petit bobo ou gros claquage, les sportifs pourront se rendre dans une polyclinique de 3 000 m2 qui sera ouverte 24 heures sur 24. La salle de fitness et de musculation installée dans la magnifiquement rénovée halle Maxwell de Saint-Denis sera reconvertie en annexe du… ministère de l’Intérieur après les JO. Le village olympique comptera aussi un bureau de poste temporaire jusqu’à la clôture des Jeux paralympiques en septembre. Mais pas de maire ». (avec Libération.fr)
Enfin une énorme cantine ouverte 24h sur 24 cantine, tout près dans la Nef installée à la Cité du Cinéma de Luc Besson. Les dimensions de cette cantine sont hors normes : « une galerie de briques de 240 mètres de longueur et 24 mètres de largeur, le tout couvert par un toit de verre, où pourront s’installer 3200 personnes en même temps. Dans les appartements des athlètes, il n’y aura pas de cuisine : ils auront donc accès 24 heures sur 24 au restaurant dont les rênes ont été confiées à trois grands chefs français, dont le tri-étoilé marseillais Alexandre Mazzia… qui devra inventer de quoi servir… 40 000 repas équilibrés par jour. » (avec Libération.fr)

« Véritable usine olympique » pour les promoteurs, «Aventure du siècle» pour les officiels !
Selon les calculs de Nicolas Ferrand, le patron de la Solideo, ce sont près de 30 000 personnes qui ont travaillé «d’une manière ou d’une autre depuis 2017» sur le chantier, qu’elles aient fait une semaine sur un renfort de plomberie ou six ans de gros œuvre. Mais on parle tout de même du «plus grand chantier mono-site d’Europe» pour lequel ont travaillé 1 749 entreprises issues de 70 départements français. Pour surveiller les conditions de travail et le respect des droits des travailleurs, selon la Solideo, 168 accidents ont été recensés sur l’ensemble des chantiers, dont 26 graves et un seul avec des séquelles irrémédiables, «soit quatre fois moins que sur des chantiers standards»

Les 41 lots (pour 82 bâtiments) du village olympique ont été conçus par 41 architectes différents. Ce qui peut donner à l’ensemble un côté innovant mais hétéroclite.! On parle de «cœurs de forêts» entre les immeubles du village, qui sont en réalité des mini espaces jardins. Au total, le projet comprend six hectares d’espaces verts publics sur lesquels la Solideo a planté 9 000 arbres. Le bois est aussi omniprésent dans les constructions, pour les structures ou les façades, et la règle était la même pour tous : utiliser du bois provenant de forêts gérées durablement et 30 % de forêts françaises. La verdure n’est pas un détail, car elle doit servir à réduire la température au sol en cas de canicule. Tout comme les planchers rafraîchissants installés dans les 7 200 chambres. Car pour respecter ses engagements environnements, Paris 2024 a listé un autre interdit : la climatisation. Les sportifs auront tout au plus droit à un ventilateur. Le cahier des charges des matériaux utilisés entend permettre de se reposer et dormir sans subir la chaleur. Les lits seront en carton pour être recyclés, un modèle éprouvé lors des derniers Jeux à Tokyo. Paris 2024 a sondé les sportifs qui les auraient trouvés suffisamment confortables.
A l’intérieur, pas de cuisine, afin de gagner de l’espace et multiplier le nombre de chambres. Une fois les Jeux terminés, une simple cloison à abattre permettra d’en aménager une et de convertir ces appartements en vrais logements. Plusieurs sont d’ores et déjà mis en vente si vous souhaitez en faire votre future adresse à l’horizon 2025-2026
Les Jeux ont un maître mot : l’héritage. Les bâtiments du site doivent aussi devenir des bureaux ou des logements sociaux. « On a construit le village en pensant d’abord à l’après, en créant un quartier de ville pour la Seine-Saint-Denis« , assure Laurent Michaud, directeur du village qui accueillera dans les prochains mois une résidence étudiante, des crèches, des établissements scolaires, des commerces… De quoi apporter les ingrédients d’une vie quotidienne sur ce qui était auparavant une friche industrielle. (avec Libération.fr)

Aujourd’hui la plupart des sites ont été livrés rénovés et/ou inaugurés. 68 ouvrages au total.
Avec la Marina olympique du Roucas-Blanc à Marseille (inaugurée le 2 avril) qui accueillera les épreuves de voile et le Centre aquatique olympique à Saint-Denis (le 4 avril) où se dérouleront les compétitions de natation artistique, de plongeon et de waterpolo, les principaux sites durables des Jeux ont été à la disposition des organisateurs de Paris 2024, dans les temps impartis.
Ces dernières semaines, les inaugurations se sont succédées: Outre le 29 février pour le Village, déjà le 11 février l’Adidas Arena, porte de la Chapelle et fin mars le village des médias, à Dugny/Le Bourget (Seine-Saint-Denis).
Restent les sept stades éphémères qui sortent progressivement de terre au pied des monuments parisiens: sur  la place de la Concorde où se dérouleront les quatre sports dits urbains (BMX freestyle, basket à trois, breaking et skateboard), sur l’esplanade des Invalides qui accueillera les épreuves de tir à l’arc, le Grand Palais entièrement rénové depuis 2021, qui accueillera les épreuves d’escrime et de taekwondo, et le Grand Palais éphémère, les épreuves de judo et de lutte,  le Champions Park dans les Jardins du Trocadéro où les athlètes médaillés défileront,

Cette photographie, prise le 11 avril 2024 au Champ-de-Mars, à Paris, montre le chantier de construction du Stade de la tour Eiffel pour les Jeux olympiques de Paris 2024 qui accueillera les compétitions de beach-volley et de cécifoot masculin. (DIMITAR DILKOFF / AFP)

et bien sûr le Stade Tour Eiffel, sur le Champs de Mars, stade éphémère et ses tribunes de 13.000 places où se déroulera l’épreuve de beach-volley. Deux autres hauts lieux touristiques doivent accueillir ces sites temporaires: le pont Alexandre III et la place de l’Hôtel de ville. Sans oublier les Jardins du Château de Versailles où se dérouleront les sports équestres… Paradoxe, c’est au Stade de France à Saint-Denis, haut lieu du sport français, où auront lieu les épreuves reines des JO, l’athlétisme, qu’il reste encore quelques aménagements…
Mais on nous l’assure ! A J-99 de l’événement, tous les acteurs sont dans leurs starting-blocks !

La visite du village des athlètes

Crédits photos/vidéos: France 24 et France Inter, Libération, Olympics.com, Paris2024, koz architectes, Drone Press/Solideo