#Francolympien#3: Une cérémonie d’ouverture olympique à ciel ouvert, une première du genre !

Dans 4 mois, le 26 juillet 2024, à 20h24 pile, la France devrait donner à voir un mélange d’exaltation et de tension : 10 500 athlètes embarqués sur près de 200 péniches défileront sur 6 kilomètres de Seine, 6 kms de son et de lumière hors des stades, sous les yeux de 300.000 spectateurs (la jauge a été revue à la baisse) et deux milliards de téléspectateurs, pendant près de 3 heures, pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques et paralympiques. Une cérémonie d’ouverture à ciel ouvert, une première du genre !
Malgré les risques liés à la sécurité, cette cérémonie, entre prouesse technique et pari artistique XXL, tout le monde la veut  et pourrait faire rentrer ces Jeux de Paris 2024 dans l’histoire des Jeux Olympiques. Les premières répétitions ont débuté ce mois de mars.

«C’est le genre de projet qui ne laisse pas indifférent. Soit vous le prenez par une forme d’excitation, soit vous le prenez par le niveau d’emmerdements [qu’il génère]», sourit Thierry Reboul, directeur des cérémonies au sein du COJO. (Comité organisateur des Jeux olympiques). Venu de l’événementiel, rameuté en mai 2018 par Tony Estanguet, le triple champion olympique de canoë, aujourd’hui président du COJO. Reboul est l’homme qui souffla l’idée de ce show hors les murs . Cette idée «d’hurluberlu» comme il dit lui a traversé l’esprit en juin 2017, quand Paris organise une journée olympique pour impressionner le CIO. Il installe alors une piste d’athlétisme sur la Seine – déjà – et s’est imposée en 2019, lors d’une balade sur les quais : «C’est forcément là qu’il faut faire défiler les athlètes ».

Les premières répétitions ont débuté ce mois de mars dans le plus grand secret.

Cinq ans plus tard, 250 personnes sont à pied d’œuvre pour achever cette réalisation pharaonique. A entendre le Cojo, tout roule – même si on compulse frénétiquement les données sur la profondeur du fleuve, la résistance des ponts et la météo des juillets précédents pour se rassurer. Les équipes sont entrées dans la phase «production» le 1er janvier dernier et 90 % de l’artistique serait bouclé, confié au metteur en scène de théâtre Thomas Jolly, l’homme capable de livrer la nouvelle version à succès de Starmania ou un Henry VI de Shakespeare de dix-huit heures. Le metteur en scène essaie de garder le plus possible le secret entourant la cérémonie d’ouverture :  « Mais on en sait déjà beaucoup : on sait que ce sera sur la Seine, on sait que les athlètes seront sur des bateaux, que la structure a été modifiée, on sait que ça démarre au Pont d’Austerlitz et que ça arrive à la Tour Eiffel, on sait qu’il y aura des stations artistiques que des athlètes vont traverser. Pour ce qu’il est de l’Histoire de France, elle est déjà présente sur les bords du fleuve mais de manière non chronologique, avec des bâtiments qui viennent d’époques différentes et qui ont connu des événements historiques différents et qui jalonnent la Seine tout au long du parcours de façon désordonnée… Et c’est ça qui m’a donné envie de ce récit, avec les auteurs et autrices avec lesquels on a travaillé, on a regardé ce que ce parcours racontait de notre histoire mais aussi ce qu’il pourrait raconter de notre avenir. L’histoire de France, elle est présente, on n’a pas tellement besoin de la prendre en charge. Par contre, quelles sont les idées que la France représente et quelles sont les bonnes idées que la France pourrait donner au monde ? C’est l’enjeu de ce récit… ». a confié Thomas Jolly a TV5 Monde

Des indices supplémentaires seront distillés tout au long des répétitions dans des lieux tenus secrets. «Il y aura forcément un bout planqué quelque part mais forcément un bout sur la Seine, en déstructurant le plus possible, glisse Reboul. On va s’en servir comme un teaser de blockbuster.»

Cauchemar policier !
Les «emmerdements», c’est surtout du côté de la sécurité qu’ils s’empilent. A l’heure de la guerre en Ukraine , du conflit entre Israël et le Hamas, et dernièrement de l’attentat terroriste à Moscou, le risque de violences est élevé. Comment sécuriser des sportifs sur des bateaux ou veiller à ce que les spectateurs ne tombent pas à l’eau ? La fierté du Cojo et de la mairie de Paris – une démocratisation de la cérémonie d’ouverture avec trois quarts des places non payantes – est un cauchemar policier. D’où la création d’une billetterie : ce sera toujours gratuit mais il faudra s’inscrire, sinon, «comme le climax est au Trocadéro tout le monde aurait cherché à rejoindre cet accès-là où, par ailleurs, seront installés les 150 chefs d’Etat», maugrée un haut fonctionnaire de police. Si les organisateurs et l’Elysée assurent qu’aucun pays ne s’est fait porter pâle, le même «n’arrive pas à croire que les Etats-Unis et Israël vont accepter de faire défiler leurs athlètes sous les fenêtres de centaines d’immeubles pendant quatre heures». Les athlètes russes y sont déjà exclus!
«Un ou deux millions de personnes dans les rues de Paris, on sait faire », rassure la Mairie de Paris mais on attend près de 20.millions de touristes en France pour ces deux quinzaines olympiques et para-olympiques. du 20 juillet au 8 septembre.

Crédits photos: COJO, Olympics.com

Dans nos précédents épisodes:
Francolympien#1 : les jeux et les enjeux des JO
Francolympien#2 : les sites des JO