#Théâtre, Gisèle #Halimi à La #Scala Paris: Anatomie d’une vie libre !

1949, Simone de Beauvoir: « On ne naît pas femme on le devient… N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »
1974, Simone Veil dont l’un des combats fut « celui pour les droits des femmes » fait adopter en France la loi autorisant l’Interruption volontaire de grossesse (IVG).
Le 4 mars 2024, la France est devenue le premier pays au monde à autoriser explicitement l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) dans sa Constitution.

Durant toutes ces années, une femme Gisèle Halimi (1927-2020), avocate, femme politique franco-tunisienne et figure du féminisme en France, a réclamé le libre accès à l’avortement, alors réprimé en France et fondé le mouvement Choisir la cause des femmes, aux côtés notamment de Simone de Beauvoir.

En août 2020, à peine un mois après sa mort, paraissait un livre d’entretiens, un dialogue intitulé Gisèle Halimi, une farouche liberté (Ed Grasset), où la célèbre avocate racontait à son amie journaliste Annick Cojean 70 ans de combats, d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes, ainsi que la volonté farouche de passer le flambeau aux jeunes générations. Un livre dont s’est emparé la comédienne Philippine Pierre-Brossolette pour l’adapter au théâtre, à La Scala Paris .
Elles sont deux, devant le public, à s’emparer des mots de Gisèle Halimi pour leur redonner vie, pour les perpétuer. Philippine Pierre-Brossolette, donc, et Ariane Ascaride, bien connue au cinéma pour ses rôles engagés dans les films de Robert Guédiguian. La parole passe de l’une à l’autre. Le spectacle suit la voie d’un théâtre-récit qui amène les deux interprètes à dire, à lire, à transmettre et à faire surgir la force toujours vivante, tellement contemporaine, des combats que mena Gisèle Halimi tout au long de son existence, des idées humanistes qu’elle a défendues jusqu’à sa mort: droit des femmes à se réapproprier leur corps en ayant la possibilité d’avorter librement donc, mais également droit des peuples colonisés à disposer d’eux-mêmes, refus de la torture, lutte pour la criminalisation du viol, engagement en faveur du principe de parité en politique… Les sujets se succèdent, des émotions ou/et des réflexions s’imposent.

La façon dont les deux actrices servent la pensée de Gisèle Halimi, leurs deux présences complémentaires, l’une en jeune fille révoltée, l’autre en femme rebelle et indignée, nous livre un récit vibrant où l’on découvre les différents visages de Gisèle Halimi. Le spectacle est un vibrant hommage à une femme, cette « avocate irrespectueuse », et à sa vie de combats acharnés pour la justice et l’égalité, à une femme libre qui a marqué l’histoire du féminisme en France. La mise en scène de Léna Paugam est sobre et efficace, et les deux comédiennes, Ascaride et Pierre-Brossolette livrent une performance remarquable.

Durée: 1h20 / Dates: Du 6 au 31 mars 2024 / Horaire: 15h, 17h, 19h ou 21h / Lieu: La Scala Paris – Grande Salle / Tarifs: de 15€ à 46€ / Informations et réservations: Site web de La Scala Paris: https://lascala-paris.fr/
Crédits Photos : La Scala Paris