Francolympien#7 #JOParis2024, les premiers médaillés: mascottes, torche, affiches, piste et Aya !

Comme lors des 32èmes Olympiades précédentes, il y aura pendant les JO de Paris 2024, des champions, des championnes, des records, des médailles d’or, d’argent et de bronze, des favoris défaits et naîtront des légendes…, Ont été inaugurées de nouvelles constructions comme le Centre aquatique de Saint Denis, la Marina olympique de Marseille ou bien encore le Village des athlètes, qui auront une autre vie après les Jeux. Disparaîtront des bâtiments éphémères comme les terrains ensablés de beach-volley au Champs de Mars ou les pistes de breakdance sur la Place de la Concorde à Paris… Mais à deux mois de la cérémonie d’ouverture, nous voulions mettre l’accent sur les premiers moments forts préolympiques comme l’arrivée de la flamme à Marseille le 8 mai dernier, et les premiers marqueurs exclusifs de ces Jeux de Paris 2024: le dévoilement des mascottes, la présentation de la torche, l’édition de l’affiche, la révélation de la piste violette du Stade de France où se dérouleront les épreuves reines d’athlétisme… et la polémique Aya Nakamura, invitée à chanter en ouverture des Jeux. Chacun a pu y émettre des avis plus ou moins favorables mais ces premiers moments, ces objets resteront inscrits dans l’histoire des Jeux de Paris, dans l’histoire des Jeux olympiques,  dans l’histoire du sport olympique et paralympique.

Pour J-50, début juin, la Bretagne, fière d’avoir ravivé un « savoir-faire » perdu, lance sa « Phryge Collector » !
Les Phryges, ces bonnets phrygiens symboles de liberté et omniprésents dans l’histoire de France, sont les mascottes officielles des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
De couleur rouge, ces deux mascottes la Phryge olympique et la Phryge paralympique (qui comporte une prothèse visible, une lame de course à effet carbone) vont accompagner le public jusqu’aux Jeux de Paris 2024.
En 2021, le groupe Doudou et Compagnie a remporté l’appel d’offres du comité d’organisation (COJOP) qui souhaitait  privilégier des entreprises françaises pour la fabrication des mascottes, sous licence officielle « Dans le dossier on a mis en avant cette partie de fabrication française pour répondre aux ambitions sociales et environnementales qu’imposaient les organisateurs des Jeux » souligne Alain Joly à la tête du groupe depuis 1975.
Si la majeure partie des « phryges » reste produite en Chine, celles fabriquées dans son usine à Guerche-de-Bretagne, près de Rennes (Ile et Vilaine), inaugurée en 2022, incarnent la renaissance de l’industrie du jouet en France.
Découpage du tissus, broderie, couture, rembourrage, fermeture, contrôle, mise en conditionnement, 10 postes machines et 20 paires de mains sont nécessaires à la confection d’une seule mascotte « made in Guerche« . Le tout en 40 minutes. « Il a fallu  former le personnel, reconcevoir et racheter des machines, un challenge aussi d’attirer des jeunes à travailler dans une industrie de main d’œuvre… En 30 ans on a perdu beaucoup de savoir-faire et entre autres de savoir fabriquer un jouet en France. Dans les années 90, l’entreprise a suivi la vague de délocalisation des manufactures vers les pays asiatiques. Avec nos prix et notre rentabilité, on ne pouvait plus  lutter contre le mouvement » souligne Alain Joly

40 ans plus tard, le dirigeant a réinstallé son usine en Bretagne, région choisie pour son savoir-faire historique, pour relocaliser une partie de sa production « il y a 40 ans la plus grosse usine de peluches en France était ici, les premières ouvrières de Doudou et Cie en viennent, ce qui a permis d’assurer des compétences ». Alain Joly assure qu’il n’y a pas de différence entre les mascottes produites en France et en Chine car « les matières viennent du même endroit et suivent les mêmes normes« . Par contre la mascotte bretonne coûte 9€ de plus que son homologue chinoise « la fabrication de la mascotte nous pousse à aller plus vite vers un avenir pour le « made in France » et une version française qui se distribue facilement et s’exporte »
Depuis la préproduction, lancée en novembre 2022, 70.000 peluches « made in Bretagne’ ont été vendues. En 2024, 1000 mascottes sortent tous les jours de l’usine bretonne aux 35 ouvrières.
A J-50, début juin seront donc proposés  des Phryges « collector » étoilés (avec une maille scintillante) ou métallisés (en simili-cuir). Seuls 2024 exemplaires de mascottes olympiques et 2024 paralympiques seront disponibles numérotées et fabriquées à la Guerche-de-Bretagne  « À [J-50] de l’événement sportif tant attendu, les Phryges, revêtent des tenues de fête pour célébrer cet événement majeur », précise Doudou et Compagnie..
Et puis les Jeux passés, l’après  « phryge » commence à se dessiner pour le groupe qui va s’attaquer à une autre tradition française « On a un projet de développer l’ours français en 2025 qui reprendra le flambeau de la mascotte 2024 … Et puis bien sûr on garde un œil sur les JO d’hiver en France en 2030″ conclut le dirigeant.

La torche: un chef-d’œuvre métallique à empreinte carbone réduite.
La flamme olympique parcourra 12.000 kms sur le territoire et en outre-mer, depuis son arrivée en France le 8 mai et le fera jusqu’à la cérémonie d’ouverture le 26 juillet. Tout en acier et de couleur argentée, l’objet a été imaginé par le designer français Mathieu Lehanneur. “J’ai dessiné une torche qui sera, pour la première fois, absolument symétrique du haut en bas, symbole de la parité entre les athlètes mais aussi de l’égalité entre les Jeux olympiques et paralympiques, qui auront un seul et même emblème”, explique son créateur.

Le 7 juin, Armel Le Cléac’h, navigateur français, fera traverser l’Atlantique à la flamme olympique de Brest à Pointe-à-Pitre sur son trimaran

Produite à 2 000 exemplaires, contre 10 000 par exemple aux Jeux olympiques de Tokyo, la torche olympique est légère et facile à porter. Son poids a été au cœur des préoccupations de son créateur. « Nous nous sommes évertués à réduire le poids pour atteindre 1,6 kg ». L’épaisseur de l’acier utilisé pour la fabrication de cet objet, haut de 70 cm, ne dépasse pas les 0,7 mm. « On est quasiment sur l’épaisseur d’une feuille de papier« , précise Mathieu Lehanneur.
Des tests d’ergonomie ont été réalisés pour vérifier que n’importe quel type de main puisse la tenir. « Quand on a mis la torche entre les mains de celles et ceux qui l’ont déjà portée, comme Tony Estanguet, le patron du comité d’organisation, il expliquait qu’elle était mieux équilibrée que la torche d’autres éditions. »
C’est le géant de la sidérurgie ArcelorMittal, leader mondial de la production d’acier qui fut en charge de la fabrication des 2000 torches. Chaque étape du processus de fabrication est réalisée avec une grande précision, de la coulée de l’acier à sa découpe, en passant par l’emboutissage, la soudure, le revêtement et l’assemblage. Ces différentes étapes dans trois de ses sites en France, à Châteauneuf (Loire), Florange et Woippy (Moselle) ont permis de créer une torche aussi belle que fonctionnelle, dans le respect du design imaginé par Mathieu Lehanneur. Grâce à l’utilisation de l’acier à empreinte carbone réduite, la torche est également respectueuse de l’environnement, et 100 % fabriquée en France.
La torche, objet iconique s’il en est des JO, illustre ainsi également la volonté du groupe sidérurgique mondial de contribuer à la décarbonation de l’industrie de l’acier. ArcelorMittal s’est engagé à réduire son empreinte carbone de 35 % en Europe d’ici 2030 et d’arriver à la neutralité carbone de ses activités dans le monde entier en 2050.

La double affiche de Paris 2024 met en valeur le sport dans la ville.
Les affiches officielles de Paris 2024 ont été réalisées en collaboration avec le dessinateur français Ugo Gattoni. Riches en détails, elles sont la représentation rêvée d’une ville-stade en écho au slogan « Ouvrons grand les Jeux » et en référence à l’ambition du grand projet des Jeux: « mettre du sport dans la ville ». L’œuvre du dessinateur Ugo Gattoni, allie pour la première fois les Jeux olympiques et paralympiques et expose une double affiche à lire côte à côte.
L’affiche officielle se compose, pour la première fois, de deux morceaux : la partie de gauche est consacrée aux Jeux olympiques ; celle de droite aux Jeux paralympiques. Mais ce n’est qu’en associant les deux que vous obtenez véritablement cette incroyable arène, réalisée par le dessinateur Ugo Gattoni. « L’idée a été de représenter autant le sport que le public, explique Joachin Roncin, directeur du Design de cette 33e Olympiade. Deux affiches qui créent un tout : c’est ça Paris 2024 ».
D’emblée, on est frappé par la multitude de détails que comporte l’œuvre d’Ugo Gattoni. Les grands éléments y figurent tous : les anneaux olympiques et les symboles paralympiques, la devise, les médailles et la mascotte. Paris est également reconnaissable grâce aux bâtiments haussmanniens et à ses nombreux monuments : le Pont Neuf, les Invalides, le Stade de France, la Seine, la Coulée verte, la Tour Eiffel, le pont Alexandre III, les jardins de Versailles, la patrouille de France, la fontaine Wallace.
Deux mille heures de travail (entièrement à la main) ont été nécessaires à la réalisation de cette œuvre conçue pour « marquer dans le temps. Elle doit fonctionner dans 100 ans », explique Joachim Roncin qui ajoute : « C’est un dessin qui se regarde plusieurs fois par des chemins différents. » Son auteur, Ugo Gattoni n’a pas tout de suite été « conscient de l’ampleur de la tâche » qui l’attendait. « Son univers, foisonnant et coloré, permet de figurer toute la richesse et toute la diversité de notre projet, ajoute le patron de Comité organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) Tony Estanguet. On y retrouve en effet les grands symboles de Paris 2024, aux côtés de nombreuses références aux Jeux olympiques et paralympiques, ainsi qu’à Paris et à la France. Véritable fresque mettant en scène le sport dans la ville, ces affiches sont également une ode à notre devise : “Ouvrons grand les Jeux”. Elles portent en elles le récit de nos Jeux, un récit la fois festif, émouvant et universel, qui parle à chacune et chacun d’entre nous. » (avec Le Point)

A la découverte de la piste violette d’athlétisme du Stade de France.
Depuis octobre 2023, le Stade de France a fermé ses portes au public pour un nouvel habillage « l’ancienne piste n’était plus en état d’accueillir des épreuves olympiques», selon Maria Le Corre, directrice adjointe Projets et Travaux du Consortium. 46 des 48 épreuves d’athlétisme des Jeux olympiques de Paris 2024 y seront disputées du 1er au 11 août, avant celles des Paralympiques, du 30 août au 8 septembre.
Après le bleu de Rio et le rouge de Tokyo, la piste d’athlétisme des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris sera… violette !  A moins de dix jours de la remise des clés à Paris2024, le 1er juin, le consortium privé qui gère le Stade de France finalise les travaux pour les épreuves reines des Jeux.
« On a voulu sortir un peu du cadre, faire preuve de créativité et choisir une couleur qui n’a jamais existé », expose Alain Blondel, responsable des épreuves d’athlétisme au sein du Cojop. Le comité d’organisation a ainsi pioché parmi les trois couleurs phares qui constituent la palette de la charte graphique des installations des Jeux parisiens. « Le choix de cette couleur a vraiment un coût marginal », précise le responsable.
Sera-t-il aussi rapide que son homologue japonais ? « On le saura entre le 2 et le 10 août, temporise Alain Blondel. En tout cas, la base est la même qu’à Tokyo en 2021, à quelques détails près. » Cette piste avec deux nuances de violet, une pour les espaces de compétition – les neuf couloirs pour les courses, plus les espaces de lancer et de saut –, une autre pour les espaces techniques, avec en complément un gris qui rappelle la piste cendrée des JO de 1924 à Paris également.
Une piste violette, mais aussi verte car dite «écoresponsable». Parmi le caoutchouc naturel et synthétique, les minéraux, pigments et additifs qui la composent, cette piste se compose de 50 % d’ingrédients recyclés ou renouvelables. Une nette augmentation par rapport aux Jeux de Londres en 2012, où la piste du stade olympique n’en comptait que 30 %. Et ce qui permet une économie considérable de matériaux d’origine fossile. «Ils utilisent des coquilles de moules qu’ils ont pilées pour pouvoir retrouver une structure et réduire la quantité de matière pétrolifère qui y était intégrée, détaille Alain Blondel. L’approche de Mondo (l’entreprise italienne, qui a fourni le revêtement de toutes les pistes depuis les Jeux de Montréal en 1976 a rempilé pour Paris 2024, en décidant cette fois d’opter pour un violet inédit sur les 13 000 m2 de surface nécessaires dans le Stade de France). était d’essayer de réduire son impact environnemental.»
L
a piste violette du Stade de France sera testée le 25 juin lors d’un meeting soit un mois avant l’ouverture des Jeux olympiques.

La polémique franco-française: Aya Nakamura, diva des Jeux olympiques ?
À 28 ans, elle est la chanteuse francophone la plus écoutée dans le monde. La star fait face aux attaques de l’extrême droite, alors qu’elle doit chanter Édith Piaf à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.
Après des débuts remarqués sur les réseaux sociaux et de nombreuses collaborations, elle fait une percée dès la sortie de son premier album intitulé Journal intime, en 2017, qui est certifié disque de platine après un peu plus de deux ans. En 2018, elle publie son deuxième album Nakamura, avec lequel elle se fait connaître du grand public, propulsée par le single Djadja qui compte près d’un milliard de vues sur YouTube. Ce nouvel album est certifié disque de diamant, avec des ventes atteignant plus de 550 000 unités en France et plus de 1,2 million d’exemplaires vendus dans le monde. Ses chansons se classent dans les pays francophones et à l’étranger.
En 2020, elle est l’artiste francophone féminine la plus écoutée sur Spotify avec 20 millions d’auditeurs mensuels. Elle sort cette même année son troisième album, Aya. Cet album est certifié double disque de platine en 2023, après s’être vendu à 200 000 exemplaires.
Pressentie pour chanter Edith Piaf à la cérémonie d’ouverture des JO, la chanteuse Aya Nakamura, sacrée meilleure artiste féminine de l’année aux Flammes, les trophées du rap, et aux Victoires de la musique, a fait l’objet d’attaques portées par l’extrême droite.
Aya Nakamura, poids lourd à l’export, cartonne avec son album « Nakamura » (2018), qui dépasse maintenant le million d’exemplaires vendus à l’export, tandis que son tout dernier disque « DNK » (2023) est certifié Or. « Grâce à des artistes d’aujourd’hui ou d’hier, comme Aya Nakamura ou Charles Aznavour, les succès à l’export de la musique française ont connu une hausse de 30% en 2023 » révèle le Centre national de la musique (CNM).
Peut-être même qu’Aya aimerait aussi chanter une chanson de Nakamura !

Crédits photo: Olympics.com/DR, Gala Flammes/DR, Doudou/DD, ArcelorMittal/DD