Créé au Théâtre National de Nice et mis en scène par Muriel Mayette-Holtz, son actuelle directrice, ex-administratrice générale de la Comédie-Française , le nouveau one-woman show d’Isabella Rossellini « Le sourire de Darwin« , réconcilie deux mondes souvent opposés : l’art et la science.
On connaît tous Isabella Rossellini, suédo-italo-américaine, mannequin, actrice, metteuse en scène, fille du grand cinéaste italien Roberto Rossellini et de l’actrice suédoise Ingrid Bergman, ex-compagne de Martin Scorcese, David Lynch, Gary Oldman et un temps du producteur français Daniel Toscan du Plantier. Ce que l’on sait moins peut-être c’est qu’elle a toujours été passionnée par les animaux et a récemment obtenu un master d’éthologie (comportement des animaux) au Hunter College de New York. En parallèle de ses études, elle a réalisé Green Porno, Seduce Me et Mamas, une série de courts métrages primés mettant en scène de manière humoristique des études scientifiques sur les comportements sexuels animaliers. Récemment, elle a présenté en tournée sa nouvelle représentation théâtrale Link Link Circus, un spectacle multimédia qui traite des capacités comportementales et cognitives des animaux.
Isabella Rossellini est une vraie légende de cinéma avec plus de 50 films à son actif sous la directions des plus grands réalisateurs depuis plus de 50 ans: Vicente Minelli, les Frères Taviani, David Lynch (Blue Velvet et Sailor et Lula), Denis Villeneuve (Enemy) et ce dernier Conclave d »Edward Berger qui sortira le 4 décembre prochain et dont elle fait actuellement la promotion au Canada en vue des Oscars Lire ici sur vanityfair et autant de courts métrages et de séries télévisées.
La lecture du livre du naturaliste anglais Charles Darwin « L’expression des émotions chez l’homme et l’animal » et de ses théories sur l’évolution des espèces, fut une révélation : la continuité entre l’homme et l’animal peut également être décelée dans l’expression des émotions. Isabella explore comment l’empathie, qui est à la base du jeu d’acteur, est également nécessaire pour l’étude du comportement animal..
Ce spectacle original explore les ressources infinies de notre instinct et les manifestations que ce dernier imprime sur notre corps et notre visage. Isabella Rossellini décrypte tous ces signaux physiques qui traduisent nos émotions et nos pensées, et que nous partageons avec les autres espèces animales. L’actrice allie la rigueur scientifique à la fantaisie verbale et livre une interprétation vive et affûtée qui explore les profondeurs de l’âme et remet en question les préjugés. Du corps biologique au corps scénique, cette conférence, telle une master class, se meut peu à peu en leçon de théâtre et de cinéma : comment les comédiens parviennent à manipuler ces codes pour nous livrer les vérités humaines les plus sincères ?
Le spectacle est à la fois une leçon sur l’évolution et le jeu d’acteur. Avec son ton comique habituel, elle démontre comment le jeu d’acteur peut servir à comprendre la nature mystérieuse des animaux et de leurs émotions. Avec humour et des moyens simples et innocents, elle joue sur scène des chiens, des chats, des poulets, des paons, des singes et, bien sûr, Charles Darwin.
Le spectacle, un seul en scène, est une occasion d’apprendre, tout en se divertissant et en riant, l’art de la comédie et des théories scientifiques complexes.
« J’ai écrit ce spectacle pendant le confinement pour réconcilier les deux amours de ma vie : le jeu d’actrice et le comportement des animaux… Pendant le confinement, j’ai eu tout le temps de réfléchir à mes passions pour le théâtre et la science. Ces deux centres d’intérêt me semblaient distincts et séparés : l’un satisfaisait mon cœur, l’autre mon cerveau. Jusqu’à ce que je comprenne qu’ils peuvent être réconciliés. Enfin, mon cœur et mon cerveau sont réconciliés et harmonieux. … » avoue Isabella Rossellini et nous invite à la prendre au mot.
Isabella Rossellini était « animalement » (!) radieuse à La Scala Provence à Avignon avec son sourire de Darwin le samedi 16 novembre. Le spectacle est programmé du 19 au 24 novembre prochain à La Scala à Paris
Crédits Photos: La Scala, Journal La Terrasse/DR