#Expo: l’artiste français Jean-Michel #Othoniel hante et enchante #Avignon avec ses #Fantômes de l’#Amour (#TdC#19)

Avignon célèbre cette année les 25 ans d’Avignon capitale européenne de la culture et les 30 ans de l’inscription de la ville au patrimoine mondial de l’UNESCO. et a confié à l’artiste contemporain et sculpteur français Jean-Michel Othoniel le soin d’investir ses sites emblématiques et ses musées, afin d’en révéler la richesse et la singularité.

L’exposition « OTHONIEL COSMOS ou les Fantômes de l’Amour » du 28 juin 2025 au 4 janvier 2026 dessine un gigantesque parcours artistique, avec l’Amour pour voûte céleste du Pont d’Avignon jusqu’au Palais des Papes en passant par le Musée du Petit Palais–Louvre en Avignon, le Musée Calvet, le Muséum Requien, le Musée Lapidaire, le Couvent Sainte-Claire, Les Bains Pommer, la Collection Lambert et la Place du Palais.
Le sculpteur français y a dispersé 260 de ses verreries monumentales. C’est son plus grand projet. Le spectateur déambule entre sculpture, peinture, briques, perles, or, verre, totems et nœuds infinis, astrolabes et fontaines pour évoquer la passion amoureuse.

Depuis mai dernier celui qui joue depuis trente ans avec les reflets et la lumière a dû se transformer en travailleur de nuit pour disséminer avec son équipe (50 camions, 600 personnes) 260 œuvres dans dix musées et lieux historiques de la cité papale. Cette star de l’art contemporain français était l’un des rares à être entré vivant dans les collections du Musée du Louvre et le premier à avoir conçu une œuvre pérenne dans les jardins du Château de Versailles (Les Belles Danses, restauration du bosquet du Théâtre d’eau dans les Jardins conçus par Le Nôtre). Que lui souhaiter de plus ? Prendre d’assaut la cité papale dans ses remparts ! C’est la «jouissance suprême» pour celui qui semble avoir trouvé un équilibre entre sa timidité et ses productions monumentales: «Avignon, c’est le contraire d’une visite à marche forcée. Le pari, c’est de prendre le temps de regarder.»

Pour l’artiste natif de Saint-Etienne, le succès populaire est arrivé avec le Kiosque des noctambules, à Paris, sa première commande publique en 2000.

Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel, bouche du métro Palais-Royal. Photo/DR

Le monde entier a vu à Paris, la bouche de métro du Palais-Royal, place Colette, face à l’entrée de la Comédie française, restée depuis un lieu de rendez-vous amoureux, où on se vole des baisers furtifs avant de s’engouffrer sous terre. La sculpture n’a connu aucun dommage en vingt-cinq ans. «Le verre n’est fragile qu’en apparence», fait remarquer l’artiste, fasciné par ces «artisans souffleurs virtuoses» qui interprètent ses créations «par le corps». Le matériau est devenu sa marque de fabrique, lui offrant un prétexte pour voyager à la rencontre de maîtres verriers au Mexique, au Japon, en Italie et en Inde…
Les marques de reconnaissance ont suivi. Soutenu dès les années 1990 par la galeriste Ghislaine Hussenot, il est consacré par les plus grands musées, du MoMA PS1 (New York) au nouveau Musée national du Qatar et prisé des collectionneurs privés dans le monde entier.

Qui sait si, comme Francesco Pétrarque, les visiteurs seront foudroyés par l’amour en touchant la grille d’or de la chapelle Sainte-Claire ou emportés par le fantôme de l’Amour devant son tombeau dans la Chapelle Saint-Jean au Palais des Papes ? Othoniel ne cache pas son plaisir à revenir sur les lieux de cet amour impossible entre le poète italien et Laure de Noves, à Avignon.

Et in Arcadia ego, «Le tombeau de l’amour», 2025. Verre indien miroité bleu minéral et ambre, acier. – Othoniel « Cosmos ou les Fantômes de l’Amour » au Palais des Papes. 17.500 briques.

Le style d’Othoniel se caractérise par son approche poétique de la sculpture, utilisant le verre pour explorer les thèmes de la transformation, de la beauté et de la perception. Ses œuvres, qu’il considère comme de l’architecture puissante, politique et poétique apparaissent souvent comme une danse de lumière et de couleurs, invitant le spectateur dans un monde onirique.

Quelques jours avant l’ouverture, l’artiste présentait ainsi la nature de ce projet devant la presse :

Jean-Michel Othoniel, Le Palais des Papes © Christophe Aubry, Ville d’Avignon

« Ce projet célèbre à la fois les 25 ans de la désignation d’Avignon comme capitale européenne de la culture et les 30 ans de son inscription au patrimoine de l’Unesco. C’était un défi de revenir sur les traces de la grande exposition “La Beauté” de 2000, où presque tous les lieux de la ville avaient été investis. Reprendre ce principe, mais avec un seul artiste, est un choix audacieux de la part de la mairie. De là est née l’aventure que nous avons menée ensemble. J’ai souhaité que l’exposition soit entièrement nouvelle pour le public français, avec de nombreuses œuvres créées spécialement pour Avignon. Sur les 260 œuvres présentées, 140 ont été produites pour les lieux où elles sont installées, parmi lesquelles les astrolabes, dont celui de la place du Palais. Les autres œuvres viennent de l’étranger et n’avaient jamais été présentées en France… »

« …Le fil conducteur de l’exposition, intitulée “Cosmos ou les Fantômes de l’amour”, repose sur l’héritage poétique de Pétrarque. Avignon est une ville liée à l’amour, où Pétrarque a inventé une nouvelle forme poétique ayant inspiré des générations d’artistes, de Michel‑Ange à Shakespeare, en passant par Pasolini. Je me suis plongé dans ces poèmes pour construire la structure de l’exposition. C’est un paradoxe stimulant : je suis à la fois artiste et commissaire, un rôle que je n’avais jamais endossé et que j’ai pris beaucoup de plaisir à expérimenter, au point d’avoir envie de le prolonger… »

Créateur : ANTOINE AGOUDJIAN
Droits d’auteur : ANTOINE AGOUDJIAN

« …La trame repose ainsi sur les sonnets que Pétrarque a dédiés à Laure, rencontrée à la chapelle Sainte‑Claire, qu’il a aimée tout au long de sa vie. Ces 366 poèmes racontent la même histoire, mais selon des moments, des lieux et des états d’âme différents, où l’eau occupe une place centrale, notamment celle de la Sorgue. On retrouve ainsi l’évocation de l’eau à travers des métaphores visuelles disséminées dans l’exposition : des sols bleus, des fontaines, qu’elles soient du Palais des Papes ou des bains Pommer… »

« …Dans chaque lieu, la même idée est ainsi réinterprétée, créant un parcours poétique où la ville devient elle‑même musée. J’ai longuement arpenté Avignon, visité tous ses musées pendant un mois, de jour comme de nuit. Et comme à Rome, les petites rues adjacentes réservent à chaque pas des découvertes inattendues – façades, sculptures, détails -, nourrissant ainsi un cheminement où chacun est invité à construire sa propre chasse au trésor à travers la ville ».

Francofil a découvert les œuvres, 133 dont 106 sculptures inédites, perles recouvertes de feuilles d’or blanc et jaune, briques bleues soufflées et moulées faites en Inde, Astrobales, Fontaines et Cosmos…, abritées dans les 15 salles du Palais des Papes, cœur du parcours de  l’Expo Othoniel à Avignon, en nocturne, à la fermeture du monument et de ses Jardins… Un moment rare dans ce lieu unique hanté par les Fantômes de l’Amour et les 366 poèmes, sonnets et Canzones de Pétrarque à Laure, convoquant Michel-Ange, Shakespeare, Pasolini… amour courtois et passionné, permis et défendu, éternel et poétique… installés et mis en lumière par Jean-Michel Othoniel.

Un compte-rendu de la visite au Palais des Papes « Othoniel Cosmos ou les Fantômes de l’Amour » : Regards sur l’exposition est disponible ici chez nos amis de « En Revenant de l’Expo »  mais qui conseillent, si on le peut, de visiter l’exposition avant.
Exposition Othoniel, COSMOS ou Les Fantômes de l’Amour jusqu’au 4 Janvier 2026.

Enfin en point d’orgue à cette gigantesque multi-exposition, Othoniel et la chorégraphe Carolyn Carlson, tous deux membres de l’Académie des Beaux-Arts ont voulu faire résonner l’art avec la danse.
Les 1er et 2 août dernier, la Cour d’Honneur du Palais des Papes s’est une nouvelle fois muée en scène vivante avec une installation et une performance Midnight Souls, spécialement chorégraphiées par la danseuse américaine.
Deux représentations exceptionnelles interprétées par le danseur étoile Hugo Marchand et la danseuse Caroline Osmont de l’Opéra de Paris, accompagnés de Juha Marsalo de la Carolyn Carlson Company. Avec les musiques de René Aubry et Philip Glass.

Photo pour Le Dauphiné Libéré /M.-F.A.

Cette chorégraphie a été construite autour des œuvres de Jean-Michel Othoniel spécialement installées sur la scène de la Cour d’Honneur du Palais des Papes d’Avignon. Une installation monumentale imaginée par le sculpteur pour ce lieu hors norme. Plus de 10 000 briques de verre métamorphosant l’architecture de la Cour d’Honneur dessinent un paysage qui accueille trois immenses sculptures de briques d’inox miroir aux formes fantomatiques.
Première mondiale en collaboration avec la ville d’Avignon, Avignon Tourisme et le Festival d’Avignon. Lire plus ici sur cult.news

Crédits photos et vidéos: Le Dauphiné Libéré, Ville d’Avignon, Avignon Tourisme , En revenant de l’Expo,