#Nobel, #Economie, Philippe #Aghion: Le paradoxe français !

Certains s’en amusent, d’autres s’en indignent ! Ce 10 décembre, date anniversaire de la mort d’Alfred Nobel, l’économiste français Philippe Aghion se verra décerner, à Stockholm, le Prix Nobel d’économie 2025, aux côtés de l’Américano-Israélien Joel Mokyr et du Canadien Peter Howitt, récompensés pour leurs travaux sur l’impact des nouvelles technologies dans la croissance économique.

69 ans , né à Paris, Philippe Aghion est professeur au Collège de France (depuis octobre 2015), titulaire de la chaire Économie des institutions, de l’innovation et de la croissance, à l’ Institut européen d’administration des affaires (INSEAD depuis 2020), à la London School of Economics et enseigne à l’École d’économie de Paris. Ses travaux sont récompensés pour sa « théorie d’une croissance soutenable par le biais de la destruction créatrice ».
En bref, « les nouveaux produits, de meilleure qualité, remplacent les anciens. Le train remplace les chevaux, les ordinateurs les machines à écrire, les téléphones portables le téléphone fixe, la visioconférence… la course dans les couloirs du métro…!! » Par ce processus, de nouvelles innovations remplacent et rendent obsolètes, sur les marchés, des innovations plus anciennes et conduisent les moins productives à disparaître, « le système économique se renouvelle et génère une croissance économique de long terme ». Ensuite tout est question d’équilibre entre les gagnants et le perdants !. Les pouvoirs publics doivent trouver le point d’équilibre entre monopole et concurrence.

Philippe Aghion est un chantre de la croissance par l’ « innovation ».

Social-démocrate ou plutôt, social-libéral, il a parlé à l’oreille des présidents français François Hollande puis Emmanuel Macron. On dit qu’en octobre 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, a participé « assis au premier rang en prenant des notes sans regarder son portable pendant une heure…! » à la leçon inaugurale de Philippe Aghion au Collège de France. Lors de l’élection présidentielle de 2017, Philippe Aghion apporte son soutien à Emmanuel Macron.
Certains observateurs considèrent Philippe Aghion comme étant l’économiste vivant ayant le plus inspiré, dès 2017, la politique économique néolibérale du chef de l’État fraîchement élu, et le responsable de sa politique de l’offre et de sa théorie du ruissellement. C’est lui qui aurait influencé ses principales mesures de réformes fiscales comme la baisse de la taxation des revenus du capital ou encore la suppression de l’impôt sur la fortune…et qu’on rend responsable de son échec et de la crise économique et financière de la France.

Philippe Aghion est le troisième économiste français nobelisé en une petite dizaine d’années, après Jean Tirole en 2014 et Esther Duflo en 2019… Etonnant ? non ?  Cette petite dizaine d’année pendant laquelle la France, qui possède un tel renom en économie, où sa capitale est le siège du 1er quartier d’affaires européen (Paris-La Défense) a enregistré un double déficit record, celui de ses finances publiques et celui de son commerce extérieur.

C’est Niklas Wykman, le ministre suédois des marchés financiers qui, récemment dans l’hebdomadaire français L’Express, pour expliquer  l’ossature du robuste écosystème financier suédois, donnait quelques conseils en matière d’investissement : « Si l’on taxe trop la réussite, les entrepreneurs réinvestissent moins… Mais avant tout favoriser l’éducation financière, l’épargne privée, la responsabilité individuelle, le rôle fondamental des syndicats dans la sensibilisation des salariés à l’investissement… » Quelques pistes dont l’Hexagone pourrait s’inspirer !

Crédit Photos: DR, The Royal Swedish Academy of Sciences