#Guyane, un des Incontournables « Cultures » : le #Carnaval #1

10 janvier 2026: Jour J pour le plus long carnaval au monde, le Carnaval Guyanais, l’un des événements majeurs du territoire. Il se déroule principalement dans les villes du nord, Cayenne , Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni et les plonge dans une longue fête au rythme des tambours, défilés, parades et bals masqués animée par ses personnages emblématiques les Touloulous et leur Roi Vaval.

Photo: Martine Debette

Nombreux sont les Scandinaves qui se donnent rendez-vous au Carnaval de Nice, qui se distingue par son coté « spectacle organisé » , son défilé de chars souvent satiriques et caricaturaux mais surtout pour son art floral « sa Bataille des fleurs »… Pendant 2 semaines en février, sur des chars ornés de milliers de fleurs fraîches (mimosas, lys, marguerites), des comédiennes costumées lancent des bouquets au public. C’est une célébration du patrimoine horticole de la région. C’est l’élément unique au monde qui définit le Carnaval de Nice.
Beaucoup sont allés voir du côté de Rio de Janeiro. Le temple du spectacle, de la ferveur et de la démesure. Un carnaval explosif, concentré sur environ 5 à 9 jours précédant le Carême de février. C’est une parenthèse de folie pure et ininterrompue où règnent les plumes et les paillettes. À Rio, le costume sert à magnifier le corps et à être vu. Les danseurs et danseuses de samba rivalisent de beauté et de charisme. L’identité est célébrée, et les « Reines de Batterie » sont de véritables célébrités.
Mais peu de Scandinaves savent qu’à la frontière du Brésil, dans l’unique territoire français d’Amazonie, règne le plus long carnaval du monde, le Carnaval Guyanais. « Une véritable institution qui se distingue par son métissage et par la diversité des communautés qu’il rassemble. En comprendre les rites, l’organisation et les costumes, c’est accéder à l’un des chapitres les plus riches de la culture guyanaise » souligne Sonia Cippe, responsable au service presse du Comité du Tourisme de la Guyane « Il se déroule tous les ans de l’Epiphanie, début janvier au mercredi des Cendres, en février/mars« .

Photo Martine Debette

La saison du carnaval de Guyane 2026 s’ouvrira officiellement le samedi 10 janvier à Iracoubo, au nord-ouest du territoire, entre Kourou et St Laurent du Maroni. Pendant plus d’un mois, parades, soirées dancing et autres événements rythmeront le territoire jusqu’au mercredi des Cendres le 18 février. En Guyane, le carnaval n’est pas une simple fête populaire : pour beaucoup, c’est une véritable institution et appartient à la culture créole guyanaise. Chaque année, bien avant même l’arrivée des fêtes de fin d’année, l’effervescence se fait déjà sentir. Les programmes de soirées carnavalesques commencent à fleurir, annonçant une saison attendue avec impatience par les aficionados.
Cette année, la saison carnavalesque s’étendra sur un peu plus d’un mois, rythmée par des rendez-vous incontournables de danse et de liesse. L’ouverture officielle est prévue le samedi 10 janvier, avec l’arrivée très attendue de sa Majesté Vaval, figure incontournable qui représente la liberté retrouvée après l’esclavage. Ce même jour, la reine du carnaval sera élue, marquant symboliquement le lancement des festivités. En soirée, les dancings ouvriront également leurs portes. Le lendemain, dimanche 11 janvier, comme le veut la tradition, le tout premier « vidé »  (défilé matinal) animera dès l’aube les rues de Cayenne avec l’orchestre mythique des Blue Stars. Dans l’après-midi, le carnaval de rue sera officiellement lancé.

Parmi ses traditions uniques, celle des Touloulous » : ces femmes entièrement masquées, déguisées, recouvertes de tissus (gants, cagoule, jupons) pour qu’aucune parcelle de peau ne puisse les identifier. L’objectif est d’être totalement méconnaissables de la tête au pieds, et de profiter de leur anonymat pour inviter les hommes à danser. Elles règnent sur les « bals parés masqués » et deviennent, le temps du carnaval, les véritables reines de la fête, en inversant les rôles sociaux traditionnels. En Guyane, on ne se moque pas tant qu’on ne subvertit l’ordre.
Le cœur du carnaval guyanais bat dans les « dancings » (comme à Cayenne Chez Nana ou au Bar des Palmistes, Chez Polina à Matoury ). Le public est l’acteur principal. Il n’y a pas de barrière entre « spectateurs » et « acteurs » : tout le monde peut devenir un personnage du carnaval le dimanche dans les rues ou le samedi soir au bal. Le répertoire musical est varié et élégant. On y danse la biguine, la mazurka et la valse (souvent jouées sur un rythme accéléré appelé « pique-en-bas »). Les orchestres live sont essentiels.

Photo: Martine Debette

Bien que partageant des racines communes liées au calendrier catholique, les carnavals de Guyane et de Rio de Janeiro offrent des expériences radicalement différentes. Si Rio est le temple du spectacle et de la démesure, la Guyane est celui du mystère et de l’anonymat. Et s’il existe un pont entre les 2 Carnavals amazoniens, c’est qu’à Cayenne ou à Kourou, lors de la grande parade on voit souvent défiler des groupes dits « brésiliens » qui s’inspirent directement des costumes et des rythmes de Rio, illustrant le métissage culturel de la Guyane.

Et c’est peut-être Nolywé Delannon, née et grandie en Guyane, installée au Canada depuis une vingtaine d’années, et professeure de gestion internationale à l’Université Laval à Québec qui en parle le mieux dans son premier livre « Guyane spatiale, carnavale, décoloniale ». Conjuguant témoignages et récits personnels, Nolywé Delannon, la fille de l’ex-ministre française, Christiane Taubira, née à Cayenne, « offre une fresque haute en couleurs. Elle s’attarde à y opposer cette Guyane uniquement vue comme base spatiale par Paris à une Guyane qui rassemble et unifie… Dans ses mots, le carnaval va au-delà du divertissement et du rituel. Il est porteur de cohésion sociale, véritable carrefour où se rencontre toute la diversité de la Guyane ». A l’en croire, un mélange dont le carnaval, seul, détient la recette ! Nolywé Delannon souligne ainsi la grande place qu’occupe le carnaval dans l’ imaginaire des Guyanais. Tant et si bien qu’il les accompagnerait dans toutes leurs plus grandes revendications (avec Outremer la 1ère).

Article écrit avec l’aide d’Air Caraïbes, du Comité du Tourisme de la Guyane et d’Outremer la 1ère. Crédits photos: Martine Debette / Vidéo: Marianne Morizot