#Expo: Pour ses 40 ans, le musée d’ #Orsay célèbre Auguste #Renoir, un #impressionniste heureux et moderne !

Pour fêter son 40e anniversaire, le musée d’Orsay à Paris, consacre 2 expositions à Auguste Renoir, l’un des maîtres de l’impressionnisme. L’occasion de (re)voir ses plus grands tableaux, étudiés sous l’angle de l’amour et de l’amitié, et de découvrir ses œuvres sur papier, part intime et méconnue de sa production. En réunissant soixante œuvres parmi les plus fameuses du jeune Renoir (réalisées entre 1865 et 1885, alors qu’il a entre 24 et 44 ans), venues du monde entier, l’exposition met en valeur la modernité d’un peintre, trop souvent ringardisé, et illuminera le musée parisien jusqu’au 19 juillet.

Combien sont-ils, dans l’histoire de l’art, à peindre le plaisir, la joie de vivre ? Dans un climat général anxiogène, la douceur de Renoir fait du bien ! » souligne Connaissance des Arts. Curieusement, ce maître de l’impressionnisme n’avait jamais fait l’objet d’un accrochage monographique au musée d’Orsay depuis son inauguration il y a quarante ans. Une lacune comblée, à la faveur de ces deux expositions complémentaires.
L’une, « Renoir et l’amour, la modernité heureuse » évoque le sentiment amoureux au sens large dans l’œuvre de l’artiste, et réunit ses plus grands chefs d’œuvre, et l’autre « Renoir dessinateur », est consacrée aux dessins du peintre.
Au musée d’Orsay, le visiteur est accueilli par des chefs-d’œuvre de la peinture impressionniste. Classés par thématiques – « fêtes galantes », « rencontre en ville », « partie de campagne », « danseurs »… –, les tableaux donnent une vision gaie de l’amour et de la modernité dans un quotidien marqué par des fêtes, des promenades, des spectacles… Une explosion de visages heureux, de couleurs et de mouvements. Parmi eux, les célèbres Bal du Moulin de la Galette ou Danse à Bougival, deux scènes vivantes et colorées qui dégagent une énergie folle et donnent une vision joyeuse et bienveillante du quotidien.

Conçue en collaboration avec la National Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston, une cinquantaine de tableaux venus du monde entier réalisés entre 1865 et 1885, rarement exposés en France.
La Grenouillère (1869) prêtée depuis Stockholm, La Promenade (1870) venue de Los Angeles, Danse à Bougival (1883) en provenance de Boston, Les Parapluies depuis Londres, et, surtout, Le Déjeuner des canotiers (1881), prêt exceptionnel de la Phillips Collection de Washington alors qu’il est un tableau emblématique aux États-Unis…

Exceptionnellement présenté à Paris, ce chef-d’œuvre de la Phillips Collection est l’une des pièces maîtresses de la première rétrospective que le musée d’Orsay consacre au maître de l’impressionnisme, quarante ans après son inauguration. Pierre-Auguste Renoir, Le Déjeuner des Canotiers, 1880-1881, huile sur toile, 130,2 × 175,6 cm Washington, The Phillips Collection. Photo Courtesy of The Phillips Collection, Washington, D.C.

C’est à Chatou, tout près de St Germain en Laye sur les Bords de Seine, Chatou, l’Ile de Chatou dite l’ile des Impressionnistes qu’Auguste Renoir a peint de nombreux tableaux de 1869 à 1884) et notamment son « Déjeuner des Canotiers », l’un de ses plus illustres, rarement exposé en France. S’il ne fut pas le plus connu, Renoir fut l’un des peintres les plus importants du groupe impressionniste et « développa une technique de touches fragmentées et utilisa des combinaisons audacieuses de couleurs complémentaires pures pour saisir la lumière et le mouvement de ses paysages et de ses figures« .
Au-delà du prestige des tableaux, une cinquantaine de peintures de la première partie de sa carrière, ses plus grands chefs-d’œuvre, l’exposition propose d’en voir toute la bienveillance et la modernité. Dans le quotidien qu’Auguste Renoir représente, les gens ont le sourire, les relations hommes/femmes sont légères et dénuées d’intention sexuelle. Dans le Déjeuner des Canotiers , sorte de scène de théâtre aux couleurs lumineuses, on sent que le peintre a voulu donner à voir des personnes qui passent un bon moment ensemble.

Souvent raillé par ses pairs pour son optimisme, Renoir n’est pas le maître des Impressionnistes. Né le 25 février 1841 à Limoges dans une famille modeste – son père est tailleur de pierre, sa mère couturière –, le jeune Auguste entre en apprentissage à 13 ans dans un atelier de décoration de porcelaine tout en suivant des cours de dessin. En 1862, il réussit le concours d’entrée à l’École des Beaux-Arts de Paris, où il rencontre Claude Monet, Sisley et Frédéric Bazille, qui deviendront ses amis et compagnons de route dans l’aventure impressionniste.

Le Bal du moulin de la Galette (1876), dont on célèbre le 150ᵉ anniversaire cette année, constitue l’épicentre du musée d’Orsay, où ce tableau grand format signé Auguste Renoir (1841-1919) draine les foules sentimentales et heureuses de l’être. Chez Renoir, le bonheur enivre et les destins échappent à leur quotidien le temps d’un dimanche.

Dans les années 1870, il se tourne vers la peinture en plein air, apprend à rendre les effets de lumière et abandonne le noir pour les ombres. C’est alors que naissent ses tableaux les plus ambitieux et les plus populaires, à commencer par le monumental Bal du moulin de la Galette (1876), qui fête cette année ses 150 ans, conservé au musée d’Orsay, qui place la scène de genre au même niveau que les grandes compositions mythologiques.
Ses toiles mettent en scène des couples dans des lieux de sociabilité modernes – guinguettes, boulevards, jardins – où l’amour s’exprime librement, parfois en marge des conventions bourgeoises. De tous les impressionnistes, Auguste Renoir est celui qui représente le plus la figure humaine et le bonheur de vivre. Il ne choisit que des sujets heureux et met toujours en valeur ses modèles, animé par une conviction profonde : l’amour est un antidote à la dureté du monde.
Quand le peintre franco-suisse Charles Gleyre lui demande dans son atelier où il suit des cours avec ses amis Monet, Sisley, Bazille : « C’est sans doute pour vous amuser que vous faites de la peinture ? », Renoir répond : « Mais certainement, et si ça ne m’amusait pas, je vous prie de croire que je ne serais pas ici et que je n’en ferais pas ! » (Le Rire de Renoir par Augustin de Butler, Editions L’Echoppe)

Malgré des rhumatismes sévères qui l’obligent à se faire attacher les pinceaux aux mains dans ses dernières années, Renoir continue de peindre jusqu’à son dernier souffle le 3 décembre 1919 à Cagnes-sur-Mer. Selon la légende, en rendant ses pinceaux à son infirmière ce matin-là, il aurait murmuré : « Je crois que je commence à y comprendre quelque chose. »

Dans la deuxième exposition du musée d’Orsay, on découvre qu’Auguste Renoir n’est pas seulement un peintre de la couleur, du plein air et de la lumière, mais est aussi un grand dessinateur.

Souvent vu avec un crayon à la main, l’artiste, et on le sait peu, dessinait tout le temps. On peut admirer 120 esquisses, ou dessins à base de pastel, d’encre de Chine, de sanguine, de fusain, d’aquarelle, d’estompe, ou de graphite… Les formats sont variés : des dessins préparatoires pour des tableaux, mais aussi des illustrations de journaux, des dessins extraordinaires au pastel qu’appréciait Renoir pour sa rapidité (le dispositif est plus léger que la peinture avec la palette et le chevalet).
« La jeune femme penchée sur le balcon de l’affiche de l’exposition est un brillant exemple de son travail avec ce procédé. Dans cette exposition, on voit le peintre rendre un véritable culte à la sensualité, en particulier dans ses portraits et ses nus féminins. De ses dessins, on retient une recherche permanente de technique graphique toujours pour mieux appréhender l’humain et la vie » (avec franceinfo.fr).

« Renoir et l’amour », du 17 mars au 19 juillet, au musée d’Orsay à Paris puis à la National Gallery de Londres et au musée des Beaux-Arts de Boston. « Renoir dessinateur », du 17 mars au 5 juillet.

Crédits photos: si non référencés en légende Musée d’Orsay et sur la page d’accueil: Autoportrait de Pierre-Auguste Renoir de 1875 habituellement exposé au Sterling & Francine Clark Art Institute, de Williamstown, dans le Massachusetts.. ©Radio France – Marion Ferrère