#BordsdeSeine #7: Claude #Monet au fil de l’ #eau !

Tout au long de cette année Monet pour le centenaire de sa disparition nous vous faisons (re) découvrir les lieux qui ont nourri l’imaginaire de Claude Monet, le chef de file des peintres impressionnistes, des bords de Seine  – Argenteuil, Poissy, Chatou, Bougival, Vétheuil – aux portes de la Normandie – Giverny, Rouen, Étretat, Dieppe, Hautot-sur-Mer, Honfleur, Le Havre…-. Replacer l’œuvre dans ses paysages d’origine et rappeler combien la peinture de Monet est indissociable d’un territoire, et d’une lumière trouvée et retrouvée au bord de l’eau, au fil de l’eau : « La Seine. Je l’ai peinte toute ma vie, à toute heure, à toute saison, de Paris à la mer…! » 

L’Enfance Havraise : Le premier choc aquatique !
Né à Paris en 1840, c’est au Havre que le jeune Claude Monet grandit. Face à la Manche, son regard se forme au spectacle des vagues, des marées et des ciels changeants de Normandie. Très vite, les cadres scolaires l’ennuient. Ce qu’il veut, c’est être dehors.
Grâce à sa rencontre avec Eugène Boudin, le « roi des ciels », Monet apprend à peindre en plein air. Boudin lui transmet une leçon cruciale : saisir l’instantané. Dès cette époque, Monet ne cherche pas à dessiner un paysage figé, mais à capturer la lumière qui danse sur la mer.

Impression, Soleil Levant par Claude Monet (1872) Musée Marmottan-Monet

La Révolution Impressionniste : Dissoudre la matière !
Dans les années 1860 et 1870, Monet s’installe à Paris puis sur les bords de la Seine (notamment à Argenteuil). Il s’entoure d’amis peintres comme Renoir, Sisley et Pissarro. Ensemble, ils rejettent l’art académique, ses sujets historiques et ses ateliers sombres.
En 1872, il peint une vue du port du Havre à l’aurore. Ce tableau, il l’intitule Impression, soleil levant. Le mot est lâché, d’abord par dérision par la critique, puis revendiqué par le groupe : ils seront Les Impressionnistes.
Dans cette toile, la frontière entre le ciel et la mer s’efface dans une brume orangée et bleue. Déjà, Monet applique sa philosophie : « Je veux devenir chaque chose que je peins ! Et plus qu’autre chose, je veux être l’eau ! L’eau a deux faces, à mille faces, qui porte et engloutit, passe et reviens, absorbe et reflète, l’eau vers quoi tout chemine… ».
Pour lui, l’eau n’est pas une surface solide ; c’est un miroir mouvant qui n’a pas de couleur propre, mais qui les possède toutes. Pour la peindre, il doit cesser d’être un observateur extérieur. Il doit calquer son pinceau sur le clapotis de la vague, devenir lui-même fluide. Pour être au plus près de son sujet, il fait construire un bateau-atelier sur la Seine, peignant au ras de l’eau, bercé par le courant.

« Monet sur son bateau-atelier » est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet en 1874.

Les Séries : Capturer l’insaisissable !
À partir des années 1890, Monet pousse sa recherche de fusion à l’extrême à travers le concept des Séries. Il peint le même motif à des heures et des saisons différentes : Les Meules, Les Peupliers, et surtout la Cathédrale de Rouen.
Pourquoi la pierre de la cathédrale intéresse-t-elle ce peintre de l’eau ? Parce que sous les variations de la lumière solaire, la pierre semble se liquéfier.

Le portail de Rouen devient une onde de pierre rose, jaune ou bleue. Monet ne peint pas le monument, il peint l’atmosphère qui l’enveloppe, « l’enveloppe » fluide du temps qui passe.

Giverny et les Nymphéas : L’immersion totale !
En 1883, Monet s’installe à Giverny, en Normandie. Il y crée de toutes pièces son chef-d’œuvre végétal et aquatique : un jardin japonais traversé par un bras de l’Epte. Il y plante des bambous, des saules pleureurs et, au centre de son étang, des nymphéas (des nénuphars).
Les trente dernières années de sa vie seront une obsession unique : ce miroir d’eau.
Dans la dernière partie de sa vie, alors qu’il est atteint d’une double cataracte qui modifie sa perception des couleurs, Monet entame le cycle des Grandes Décorations des Nymphéas (offertes à la France et installées à l’Orangerie).
Sur ces panneaux gigantesques, la ligne d’horizon et la rive ont totalement disparu. Le spectateur est littéralement plongé dans l’eau. On ne sait plus ce qui est en surface (les fleurs), ce qui est au fond (les herbes aquatiques) et ce qui est au-dessus (le reflet des nuages).
Monet a enfin réalisé son vœu : il est devenu l’eau. Ses toiles ne sont plus des paysages, mais des surfaces fluides, infinies, où le peintre, le pinceau et l’élément liquide ne font plus qu’un. Il s’éteint en 1926, laissant derrière lui une œuvre qui ouvrira grand la voie à l’abstraction moderne.

Temps fort de l’année, le Festival Normandie Impressionniste qui se tient du 29 mai au 27 septembre 2026. Claude Monet est bien sûr « l’invité d’honneur » de cette 6ème édition qui sera entièrement placée sous son signe et son œuvre avec pour fil conducteur le Jardin de Giverny, conçu comme une œuvre totale. Intitulée « Un possible jardin, hommages contemporains à Claude Monet », près d’une soixantaine de projets artistiques contemporains investiront ces 4 prochains mois, musées, paysages et sites patrimoniaux de la région. Et avec la Seine pour fil conducteur, le public est invité à revisiter la vie et le parcours de Monet en Normandie. Francofil y reviendra plus en détail dans son prochain épisode.
Normandie Impressionniste 2026 / Un possible jardin, hommage contemporain à Claude Monet / Du 29 mai au 27 septembre 2026

Crédits photos: Beaux Arts/DR, Musée Marmottan-Monet/DR